Infrastructures et grands projets

Vue d’ensemble

Lavery se distingue comme un chef de file dans le secteur des infrastructures et grands projets au Québec, offrant son expertise aux divers intervenants impliqués dans ce secteur dynamique. 

Notre équipe de professionnels qualifiés est parfaitement équipée pour répondre à tous les besoins liés aux projets d’infrastructures, grâce à une expérience et des compétences éprouvées :

  • Projets d’infrastructures : Nous avons une expérience notable dans l’acquisition, la construction, le financement, l’exploitation et l’entretien d’infrastructures, nous permettant de gérer des projets de grande envergure avec efficacité dans tout cadre contractuel, incluant les modes collaboratifs de réalisation.
  • Énergie : Nous accompagnons nos clients dans le développement, le financement et la mise en œuvre de projets d’énergie renouvelable et conventionnelle. Grâce à notre expertise approfondie, nous offrons des conseils stratégiques sur les aspects réglementaires, contractuels et environnementaux de leurs projets et les accompagnons dans la négociation de contrats complexes, l’obtention de permis, ainsi que la gestion des litiges potentiels. Notre équipe est dédiée à promouvoir des solutions innovantes et durables afin de répondre aux défis énergétiques contemporains.
  • Projets industriels : Nous soutenons des entreprises de plusieurs secteurs dans la conception, la construction et l’exploitation d’installations industrielles et manufacturières. Nous offrons une expertise juridique complète en matière de droit des contrats, de droit de l’environnement et de réglementation du travail, ce qui permet à nos clients de naviguer efficacement dans le cadre légal complexe de ces projets.
  • Collaboration avec les entités publiques : Notre expertise s’étend aux sociétés d’État québécoises et fédérales ainsi qu’aux organismes de droit public, notamment dans les secteurs du transport, du droit ferroviaire et de l’énergie renouvelable.
  • Gestion des appels d’offres : Nous offrons une assistance complète en matière de révision d’appels d’offres, de planification stratégique contractuelle et de gestion des appels d’offres.
  • Gestion des différends : Nous possédons une expertise en gestion de différends en cours de construction et en règlement de réclamations post-construction, assurant une résolution rapide et efficace des litiges.
  • Connaissance des organismes publics : Notre connaissance approfondie des principes de gestion contractuelle des organismes publics nous permet de fournir des conseils juridiques et stratégiques pertinents en gouvernance.
  • Analyse de soumissions : Nous offrons des conseils et une analyse rigoureuse en matière de recevabilité et de conformité des soumissions et réclamations de construction.
  • Aspects constitutionnels : Notre maîtrise des aspects constitutionnels et du partage des compétences législatives nous permet de naviguer efficacement dans le cadre juridique complexe des projets d’infrastructures.
  • Structures transactionnelles et financières : Notre expertise couvre les structures transactionnelles et financières, y compris les partenariats, assurant une solide base financière pour vos projets.
  • Transactions immobilières : Nous offrons des conseils spécialisés sur les opérations et transactions immobilières, telles que les acquisitions/ventes, expropriations, démembrements du droit de propriété, servitudes, louage et permis d’occupation.

En faisant appel à Lavery, vous bénéficiez d’un partenaire stratégique de choix qui vous accompagnera à chaque étape de vos projets d’infrastructures avec une approche personnalisée et adaptée à vos besoins spécifiques.

Expertises

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Projets

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  1. Pourquoi repenser le financement des infrastructures au Québec et au Canada en 2026 ?

    Le financement des infrastructures, qu’il s’agisse d’entretenir celles qui nous ont été léguées, de construire celles dont nous avons besoin aujourd’hui, ou d’anticiper celles qui seront indispensables, constitue l’un des plus grands défis de nos sociétés modernes. Les infrastructures civiles, industrielles et énergétiques sont des actifs essentiels au bien commun, mais leur entretien et leur modernisation exigent des investissements colossaux. Or, les finances publiques sont limitées, ce qui restreint la capacité des gouvernements à agir seuls. Dans ce contexte, il devient crucial de recourir à tous les modes de financement disponibles, en intégrant des capitaux privés et en concevant des outils financiers innovants. C’est dans cette perspective que nous proposons une série de six articles consacrés au financement des infrastructures au Québec et au Canada. Nous présenterons les enjeux de ces investissements stratégiques et mettrons en lumière des solutions concrètes pour y faire face. Ce premier article dresse d’abord : Un état des lieux au Québec et au Canada; Les défis actuels; Les solutions possibles : Capitaux privés et innovations financières. État des lieux au Québec et au Canada Un besoin d’investissement massif pour le PQI et Hydro-Québec Au Québec, l’investissement public en matière d’infrastructures est encadré par le Plan québécois des infrastructures 2025-2035 (le « PQI »), qui prévoit l’injection de 164 milliards de dollars sur 10 ans. Le PQI est un outil de planification gouvernementale qui recense et priorise les projets d’infrastructures majeurs dans l’ensemble des secteurs publics. Dans sa mouture actuelle, le PQI accorde une attention particulière à la pérennité des infrastructures existantes, qui absorberont près de 65 % des sommes prévues, l’objectif étant de maintenir en état un patrimoine public qui accuse un retard chronique d’entretien. Les investissements sont principalement orientés vers : les transports routiers (36 G$); la santé (28 G$); l’éducation (23 G$); et les transports collectifs (9 G$). En matière d’infrastructures énergétiques, le Québec s’est engagé dans une transformation majeure. Selon le Plan d’action 2035 d’Hydro-Québec, la province s’est donné comme objectif de doubler sa capacité de production d’électricité d’ici 2050, avec une cible intermédiaire de 150 térawattheures (TWh) en 2035, contre environ 215 TWh actuellement. Ce plan implique des investissements de plus de 100 milliards de dollars pour la construction de nouveaux barrages, de parcs éoliens et de réseaux de transport d’électricité, afin de répondre à la croissance de la demande liée à l’électrification et à la transition énergétique (source : Hydro-Québec, Plan d’action 2035). À l’échelle canadienne La question énergétique est également au cœur des priorités. On assiste à une résurgence du nucléaire, avec plusieurs provinces (Ontario, Nouveau-Brunswick, Alberta, Saskatchewan) qui comptent sur la mise au point de petits réacteurs modulaires (PRM) pour décarboner leur production et assurer la sécurité énergétique. Parallèlement, la pression demeure forte pour la construction de nouveaux pipelines afin de soutenir l’exportation des hydrocarbures, notamment vers l’Asie et l’Europe, dans un contexte de transition énergétique et de sécurité des approvisionnements. Au niveau fédéral, dès son entrée en fonction, le nouveau premier ministre Mark Carney a fait part de ses ambitions d’investissement pour faire face à des enjeux cruciaux tels que : le logement; les transports collectifs; la résilience climatique; et l’accessibilité. Un des programmes phares au niveau fédéral est la création de Maisons Canada, une nouvelle agence mise sur pied en septembre 2025 et dotée d’une enveloppe de 13 milliards de dollars. Ce programme vise à accélérer la construction de logements abordables, à utiliser les terrains publics comme levier et à adopter des techniques modernes comme la construction modulaire ou en bois. Parallèlement, le premier ministre a annoncé le 11 septembre une première série de projets énergétiques, portuaires et miniers d’envergure nationale , en plus d’exprimer le souhait d’ajouter d’autres projets au cours des prochaines années. Cette liste inclut notamment l’expansion du port de Montréal à Contrecœur. Défis actuels Déficit d'entretien et infrastructures vieillissantes Le déficit de maintien des actifs, c’est-à-dire le montant estimé des infrastructures en mauvais état ou très mauvais état, est chiffré par le gouvernement du Québec en 2025 à plus de 40 milliards de dollars. C’est donc cette somme qu’il serait nécessaire d’investir dès aujourd’hui pour simplement ramener le réseau à un état jugé acceptable. Outre la remise en état des infrastructures vieillissantes, il importe également de rendre les infrastructures existantes plus résilientes — rappelons par exemple qu’en 2024, les inondations provoquées par l’ouragan Debby ont causé pour 2,5 milliards de dollars de dommages dans le sud du Québec — et plus sobres en carbone, afin de permettre au Québec d’atteindre ses objectifs climatiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, la modernisation doit intégrer l’adaptation aux changements climatiques, la cybersécurité et la gestion intelligente des réseaux. Crise du logement et besoins énergétiques  Il faut accélérer la construction de nouvelles infrastructures pour assurer la prospérité du Canada. En 2023, la Société canadienne d’hypothèques et de logement rappelait que 3,5 millions de nouveaux logements seront nécessaires d’ici 2030 pour rétablir l’abordabilité au pays. À cela s’ajoutent les besoins : en infrastructures énergétiques, de transport et de santé, qui s’intensifient sous l’effet de la croissance démographique; de la transition énergétique; de la réindustrialisation souhaitée; et, dans l’avenir, de l’utilisation croissante de l’énergivore intelligence artificielle. Des finances publiques sous pression : l'impasse des budgets déficitaires Pour répondre à ces enjeux, les gouvernements font cependant face à un manque crucial de liquidités. Ottawa vient tout juste de présenter un budget avec un déficit de 100 milliards de dollars, tandis que le gouvernement du Québec a annoncé en début d’année un déficit record de 13,6 milliards de dollars. Ces déficits structurels limitent considérablement leur marge de manœuvre budgétaire et les obligent à faire des choix entre les différents enjeux auxquels nos sociétés sont confrontées. Enfin, au niveau municipal,  les municipalités sont tenues par la loi de présenter un budget équilibré, ce qui, face à la hausse des dépenses et la nécessité électorale de ne pas augmenter considérablement les impôts, limite les investissements possibles. Capitaux privés et innovation financière : Les solutions de demain Face à la pression croissante sur les finances publiques, notamment au niveau municipal, les gouvernements ne peuvent plus assumer seuls le coût de modernisation et de développement des infrastructures. Dans ce contexte, la mobilisation accrue des capitaux privés et l’innovation financière deviennent incontournables pour combler l’écart entre les besoins et les capacités financières publiques. Parmi les solutions privilégiées figurent : les partenariats public-privé; la tarification intelligente (péages, redevances d’usage, tarification dynamique); et la mobilisation de l’épargne institutionnelle, notamment par l’intermédiaire des fonds de pension, des compagnies d’assurance et des fonds d’investissement. Le rôle des fonds de pension et des investisseurs institutionnels Les fonds de pension et les compagnies d’assurance sont particulièrement attirés par les projets d’infrastructures. Leur horizon d’investissement à long terme s’accorde bien avec la durée de vie des projets et les flux de revenus stables qu’ils génèrent. C’est par exemple le cas du Fonds de solidarité FTQ, qui dispose d’un fonds dédié à l’immobilier. Les banques sont des acteurs clés dans la réalisation de projets d’infrastructure. Par l’offre de financements hybrides, combinant prêts à taux avantageux et garanties publiques pour sécuriser les investissements dans des projets critiques comme les autoroutes, les ponts ou les réseaux ferroviaires. L'apport stratégique des fonds d'investissement (BlackRock, GIP) Enfin, on remarque que les fonds d’investissement se tournent de plus en plus vers le financement d’infrastructures, comme en témoigne l’exemple de BlackRock. BlackRock a récemment renforcé sa position dans ce secteur en acquérant Global Infrastructure Partners pour 12,5 milliards de dollars, créant ainsi une plateforme d’investissement de premier plan dans les marchés privés d’infrastructures. Cette acquisition, combinée à des partenariats stratégiques avec des acteurs comme Microsoft, vise à répondre à la demande croissante d’infrastructures numériques et énergétiques essentielles pour soutenir les avancées technologiques et l'économie numérique. Par ailleurs, l’achat de ports clés du canal de Panama pour 23 milliards de dollars démontre l’engagement de BlackRock envers des actifs d’infrastructure critiques à l’échelle mondiale. Ces investissements motivés par la volonté de diversifier ses portefeuilles et de se protéger contre l’inflation permettent une intégration de professionnels dans la réalisation des projets. Si ces approches permettent de diversifier les sources de financement, d’accélérer la réalisation des projets et de répartir les risques entre les secteurs public et privé, elles soulèvent également des enjeux de gouvernance, de transparence et d’acceptabilité sociale, qui nécessitent une attention particulière pour garantir l’intérêt public à long terme. Conclusion : Vers de nouveaux modèles de gouvernance et de performance Le financement des infrastructures au Québec et au Canada doit impérativement évoluer pour répondre au déficit d’entretien, aux exigences de la transition énergétique et aux contraintes budgétaires croissantes. Les capitaux privés, qu’il s’agisse de fonds de pension, de banques ou de fonds spécialisés, offrent une solution incontournable pour soutenir l’effort collectif. Au-delà de la diversification des sources de financement, l’émergence d’innovations contractuelles et financières, telles que les contrats de performance, les obligations vertes ou les modèles de partage de risques, ouvre de nouvelles perspectives pour attirer les investisseurs privés tout en protégeant l’intérêt public. Notre prochain article présentera en détail ces nouveaux outils et mécanismes, ainsi que les conditions de leur succès dans le contexte québécois et canadien. Gouvernement du Québec (25 mars 2025). Plan québécois des infrastructures 2025-2035 : le gouvernement du Québec se donne les moyens de réaliser ses engagements et de soutenir l’économie québécoise.  https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/plan-quebecois-des-infrastructures-2025-2035-le-gouvernement-du-quebec-se-donne-les-moyens-de-realiser-ses-engagements-et-de-soutenir-leconomie-quebecoise-61815 Gouvernement du Canada (14 septembre 2025). Le premier ministre Carney lance l’organisme Maisons Canada pour accélérer la construction résidentielle au pays. https://www.pm.gc.ca/fr/nouvelles/communiques/2025/09/14/premier-ministre-carney-lance-lorganisme-maisons-construction Bureau d’assurance du Canada (13 septembre 2024). Événement météorologique le plus coûteux de l’histoire du Québec : les inondations d’août causent près de 2,5 milliards de dollars de dommages assurés [PDF]. https://bac-quebec.qc.ca/media/kozngael/nr-2024-09-10-qc_flooding_estimates_sept4-24_v04_pb_fr.pdf Société canadienne d’hypothèques et de logement (23 juin 2023). Pénurie de logements au Canada – Mise à jour sur la quantité de logements nécessaire d’ici 2030. https://assets.cmhc-schl.gc.ca/sites/cmhc/professional/housing-markets-data-and-research/housing-research/research-reports/2023/housing-shortages-canada-updating-how-much-we-need-by-2030-fr.pdf La Presse (15 septembre 2025). Budget fédéral : vers un déficit de 100 milliards? https://www.lapresse.ca/affaires/2025-09-15/budget-federal/vers-un-deficit-de-100-milliards.php Banque Royale du Canada (25 mars 2025). Budget du Québec 2025 : un déficit record et un retour conditionnel à l’équilibre dans un avenir lointain. https://www.rbc.com/fr/leadership-avise/recherche-economique/analyse-sur-la-politique-budgetaire-au-canada/analyse-du-budget/budget-du-quebec-2025-un-deficit-record-et-un-retour-conditionnel-a-lequilibre-dans-un-avenir-lointain/ Fonds immobilier de solidarité FTQ (2025). Qui nous sommes. https://www.fondsftq.com/fr-ca/entreprise/fonds-immobilier/qui-nous-sommes Business Economy (6 mars 2025). Pourquoi BlackRock investit massivement dans les infrastructures. https://www.businesseconomy.com/latest-news/why-blackrock-is-investing-heavily-in-infrastructure/ Hydro-Québec (2 novembre 2023). Plan d’action 2035 d’Hydro-Québec – voici l’essentiel. Plan d’action 2035 d’Hydro-Québec – voici l’essentiel Régie de l’énergie du Canada (20 août 2025). Aperçu du marché : Le rôle du Canada dans le développement de la technologie du petit réacteur modulaire. REC – Aperçu du marché : Le rôle du Canada dans le développement de la technologie du petit réacteur modulaire Underground Infrastructure (Septembre 2025). Canada eyes new pipelines to boost energy security, cut U.S. reliance. Canada eyes new pipelines to boost energy security, cut U.S. reliance | Underground Construction

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  2. Construction publique : paiements rapides et règlement des litiges simplifié

    Le 30 juillet 2025, le Règlement sur les paiements et le règlement rapides des différends en matière de travaux de construction (ci-après le « Règlement ») a été publié dans la Gazette officielle du Québec. Depuis le 8 septembre 2025, le Règlement entre progressivement en vigueur1, en réponse aux demandes de divers acteurs de l’industrie. Le Règlement s’applique à la majorité des contrats de construction conclus avec des organismes publics visés par la Loi sur les contrats des organismes publics (chapitre C-65.1, r. 8.01) (ci-après la « LCOP »). Dans l’ensemble, le Règlement vise, d’une part, à remédier aux retards de paiement chroniques dans le secteur de la construction, en établissant des normes contraignantes pour accélérer le processus de paiement des entrepreneurs et des sous-traitants engagés dans des contrats publics visés par la LCOP. D’autre part, il instaure un processus de règlement rapide des différends. Ce faisant, le Règlement complète la Loi visant principalement à promouvoir l’achat québécois et responsable par les organismes publics, à renforcer le régime d’intégrité des entreprises et à accroître les pouvoirs de l’Autorité des marchés publics2. Nous résumons ci-dessous quelques dispositions phares du Règlement. Cas d’application et exclusions Le Règlement s’applique à l’ensemble des contrats et sous-contrats de construction publics assujettis à la LCOP, sous réserve des exceptions suivantes3 : ceux qui sont conclus en situation d’urgence en raison du fait que la sécurité des personnes ou des biens est en cause; ceux qui sont conclus pour les activités à l’étranger d’une délégation générale, d’une délégation ou d’une autre organisation permettant la représentation du Québec à l’étranger; toute réclamation monétaire destinée à compenser la perte de profits, de productivité ou d’une occasion d’affaires qu’un entrepreneur estime avoir subie en raison d’un changement relatif à la portée des travaux prévus au contrat ou aux conditions d’exécution. Délais et calendrier imposés par le Règlement Le Règlement instaure un calendrier rigide encadrant les demandes de paiement, les refus de paiement et les paiements : Demande de paiement4 Transmise par l’entrepreneur général à l’organisme public : 1er jour du mois Transmise par le sous-traitant à l’entrepreneur général : 25e jour du mois Refus de paiement5 Transmis par l’entrepreneur général au sous-traitant : 21e jour du mois Transmis par l’organisme public à l’entrepreneur général : Dernier jour du mois Délai pour payer (s’il y a lieu)6 De l’organisme public à l’entrepreneur général : Dernier jour du mois De l’entrepreneur général au sous-traitant : 5e jour du 2e mois Du sous-traitant à un autre sous-traitant : 10e jour du 2e mois Si la chaîne contractuelle comporte plus de deux niveaux de sous-traitance, un délai de cinq jours s’additionne à chaque niveau. Ces dates butoirs visent à garantir une certaine uniformité et prévisibilité dans le processus de paiement. Il est possible pour les parties de modifier leurs demandes après l’envoi7. Demande de paiement La demande de paiement doit être écrite et contenir les renseignements suivants: le nom et l’adresse de l’entrepreneur ainsi que les coordonnées de son représentant; le numéro du contrat public; la description détaillée des travaux effectués, des dépenses engagées et de tout autre élément pour lequel des sommes d’argent sont réclamées; les périodes associées aux éléments réclamés; la ventilation du montant total réclamé8. Si l’organisme public exige la présentation de documents joints à une demande de paiement d’un entrepreneur partie au contrat, il doit inclure cette condition au contrat et spécifier les documents requis. Le même principe s’applique au sous-contrat entre les entrepreneurs et leurs sous-traitants9. Fait important, l’organisme public peut permettre à l’entrepreneur de modifier la demande de paiement afin de corriger tout défaut de validité, sous réserve de la date de transmission. Si aucun défaut de validité n’est communiqué à l’entrepreneur avant l’échéance pour manifester un refus de paiement, la demande de paiement sera dès lors réputée valide10. Refus de paiement Le refus de paiement doit prendre la forme d’un avis écrit comportant les renseignements suivants : la partie refusée du montant total réclamé; la description des travaux, des dépenses ou des éléments de la demande de paiement visés par le refus; les motifs du refus ainsi que les dispositions contractuelles ou légales sur lesquelles ils se fondent11. Le refus d’une demande de paiement ne peut être fondé sur le seul fait que les travaux effectués résultent d’un changement au contrat et qu’au moment où la demande de paiement a été transmise, la valeur du changement n’a pas été convenue ou déterminée12. Paiements et retenues Dans certaines circonstances, l’organisme public peut retenir sur toute somme réclamée par l’entrepreneur : Une somme suffisante pour satisfaire aux réserves faites quant aux vices ou aux malfaçons apparents de l’ouvrage13; Une somme suffisante pour réparer tout dommage causé par l’entrepreneur général ou par un sous-traitant à l’ouvrage14; Toute somme antérieurement payée à l’entrepreneur général pour des travaux réalisés par l’un de ses sous-traitants afin de s’assurer que les créances de ce dernier soient acquittées par l’entrepreneur général ou pour permettre à l’organisme public d’acquitter lui-même ces créances. Ce droit de retenue existe, et ce, peu importe si le sous-traitant est en droit ou non de se prévaloir d’une hypothèque légale de la construction15; Une somme suffisante pour acquitter les créances des personnes, autres que les sous-traitants de l’entrepreneur, qui peuvent faire valoir une hypothèque légale de la construction sur l’ouvrage et qui ont dénoncé leur contrat avec l’entrepreneur, pour les travaux faits ou les matériaux ou services fournis après cette dénonciation16; Jusqu’à 10 % de la somme due pour garantir l’exécution du contrat, à condition que cette possibilité et ses modalités soient prévues au contrat. L’entrepreneur général peut à son tour retenir des montants auprès de ses sous-traitants, à condition qu’une convention écrite le permette et que la retenue n’excède pas la retenue appliquée à l’entrepreneur par l’organisme public. Chaque niveau de sous-traitance peut se prévaloir de ce droit, avec les adaptations nécessaires17; L’entièreté des sommes payables à l’entrepreneur si ce dernier n’a pas fourni l’ensemble des documents de fin de chantier, incluant l’attestation émise par la CNESST en vertu de la loi ainsi que les quittances finales des sous-traitants18. Sauf pour les deux derniers cas, l’entrepreneur général peut offrir à l’organisme public une sûreté suffisante en lieu et place de la retenue, telle que, par exemple, un cautionnement ou une lettre de garantie bancaire suffisante. À son tour, l’entrepreneur général peut déduire d’un paiement dû à l’un de ses sous-traitants un montant équivalent à la somme que ce sous-traitant lui a réclamé pour des travaux lorsque ces travaux ont fait l’objet d’un avis de refus émis par un autre débiteur de la chaîne contractuelle. Pour s’en prévaloir, l’entrepreneur doit avoir préalablement transmis à son sous-traitant une copie de l’avis de refus sur lequel il s’appuie19. Les sous-traitants doivent, quant à eux, transmettre l’avis de déduction à leur propre sous-traitant, s’il y a lieu, dans les deux jours suivant la réception de l’avis20. Dans tous les cas, le Règlement prévoit les modalités permettant la libération des retenues appliquées lorsque les conditions de libération sont satisfaites. Règlement rapide des différends Le Règlement introduit un mécanisme de règlement des différends visés, permettant aux parties de recourir à un tiers décideur après avoir tenté de résoudre le conflit à l’amiable21. Ce processus, amorcé par une « demande d’intervention », se veut rapide, les décisions devant être rendues dans un délai de 50 jours de la désignation du tiers décideur22. Plus particulièrement, ce mécanisme prévoit les étapes et délais suivants : Étapes Délai imparti Demande d’intervention 90 jours suivant la date de l’acceptation des travaux ou de la fin des travaux* Réponse du cocontractant 5 jours Désignation du tiers décideur 5 jours Exposé détaillé du demandeur 5 jours Exposé détaillé du cocontractant 15 jours Décision du décideur 50 jours à compter de sa désignation (délai pouvant être prolongé pour une période maximale de 15 jours) Paiement, s’il y a lieu 20 jours suivant la décision rendue *    Dans le cas d’un contrat entre l’entrepreneur général et l’organisme public, la demande d’intervention doit être notifiée au cocontractant dans un délai d’au plus 90 jours suivant la date de l’acceptation sans réserve de l’ouvrage ou, à défaut, la date à laquelle l’organisme public se déclare satisfait des réparations ou des corrections apportées à l’ouvrage. Dans le cas d’un contrat de sous-traitance, la demande d’intervention doit être notifiée dans les 90 jours suivant la date de la fin des travaux convenue entre les parties23. De plus, le Règlement prévoit entre autres ce qui suit : Un différend, une demande d’intervention – Quoiqu’une demande d’intervention ne peut porter que sur un seul différend, une partie ne peut scinder les éléments constitutifs du différend dans le but de multiplier les demandes d’intervention, ni autrement agir de façon à abuser du droit de recours au tiers décideur. Choix du tiers décideur – Seules les personnes dont le nom est inscrit au registre tenu par le ministre de la Justice en vertu du Règlement peuvent agir comme tiers décideur. Il appartient à la partie qui propose un tiers décideur de préalablement s’assurer de sa disponibilité. En cas de désaccord, les parties procèdent par tirage au sort. Procédure – Sous réserve du respect de l’équité et de la proportionnalité, le tiers décideur mène l’intervention suivant la procédure qu’il détermine. De plus, à moins de décision contraire du tiers décideur, la procédure se déroule oralement, alors que les témoignages se font par écrit. Sans avocat – Les parties ne peuvent être représentées par avocat lors de ce processus, quoiqu’un avocat peut les conseiller. Confidentialité – L’ensemble de l’intervention demeure confidentiel, sous réserve d’une entente entre les parties ou d’obligations légales. Honoraires du tiers décideur – En règle générale, les honoraires du tiers décideur sont répartis également entre les parties (50-50), quoique le tiers décideur peut déroger à cette répartition s’il juge que les agissements d’une partie dans le déroulement de l’intervention ont été préjudiciables, notamment en raison d’une conduite abusive ou du défaut de respecter les délais imposés. Les honoraires du tiers décideur sont plafonnés en fonction de la valeur du différend. Conclusion Ce nouveau régime obligatoire impose dorénavant, dans les cas couverts, un processus de paiement rapide et permet d’accélérer le règlement des différends survenant au cours de l’exécution de la majorité des contrats publics de la construction. Il aura d’importantes répercussions, tant sur les pratiques des entrepreneurs et des sous-traitants que sur celles des organismes publics. L’imposition des délais restreints imposés par le Règlement pourrait exiger des entrepreneurs et des sous-traitants une optimisation des processus internes afin de mieux traiter les demandes de paiement et de documenter adéquatement les réclamations potentielles. Bien que le Règlement vise à simplifier et accélérer les paiements, certains entrepreneurs et sous-traitants pourraient avoir de la difficulté à respecter les délais imposés, notamment dans le cadre de projets d’envergure auxquels participent de nombreux intervenants, les délais étant susceptibles de se répercuter d’un niveau de sous-traitance à l’autre. Le succès de ce système dépendra de la capacité des parties à s’adapter rapidement aux nouvelles exigences et à utiliser efficacement le recours au tiers décideur pour résoudre les différends. Pour toute question ou conseil, n’hésitez pas à contacter un membre de notre équipe spécialisée en droit de la construction chez Lavery. Article 94 du Règlement. L.Q., 2022, c. 18. Articles 32 et 33 du Règlement. Article 5 du Règlement. Article 10 du Règlement. Article 15 du Règlement. Articles 7 et 8 du Règlement. Article 5 du Règlement. Article 6 al. 1 du Règlement. Article 6 du Règlement. Article 11 du Règlement. Article 12 al. 1 du Règlement. Article 22 du Règlement. Article 23 du Règlement. Article 25 du Règlement. Article 26 du Règlement. Article 20 du Règlement. Article 28 du Règlement. Article 16 du Règlement. Article 16 du Règlement. Articles 34 à 76 du Règlement. Article 63 du Règlement. Article 34 du Règlement.

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  3. Revue 2024 des dossiers marquants en droit immobilier au Québec

    Tout en accueillant l’année 2025 avec enthousiasme, nous avons cru bon de faire une courte rétrospective de l’année 2024 en matière de droit immobilier au Québec. Jetons un coup d’œil sur cette dernière année et quelques nouvelles qui méritent une attention particulière et un suivi en 2025. Sans dresser une liste exhaustive, nous souhaitions saisir l’occasion de rappeler que l’immobilier a la cote! En matière de construction de logements locatifs, le Règlement sur les immeubles (TPS/TVH) a mis en vigueur une bonification du remboursement de la TPS pour les immeubles d’habitation locatifs dont la construction commence entre le 14 septembre 2023 et le 31 décembre 2030, et dont la date de fin est fixée au plus tard le 31 décembre 2035. La procédure d’authentification d’un document canadien destiné à être utilisé dans un pays étranger a été uniformisée pour les membres faisant partie de la Convention du 5 octobre 1961 supprimant l’exigence de la légalisation des actes publics étrangers. Le Règlement 20-20-20 a été modifié dans l’optique d’alléger le fardeau financier des promoteurs immobiliers en faveur de la construction de logements sociaux et abordables à Montréal jusqu’à la fin de 2026. En matière de location de logements, la Loi limitant le droit d’éviction des locateurs et renforçant la protection des locataires aînés a imposé un moratoire contre l’éviction de locataires par les locateurs qui souhaiteraient subdiviser, agrandir ou changer l’usage d’un logement, et ce jusqu’en juin 2027, en plus de protéger davantage les locataires de 65 ans ou plus contre une éviction ou une reprise de logement, lorsque ces derniers occupent depuis au moins 10 ans le logement et que leurs revenus sont égaux ou inférieurs à 125 % du revenu maximal permettant l’admissibilité à un logement à loyer modique selon la réglementation applicable. La Loi sur la concurrence a été modifiée pour encadrer davantage les contrôles de propriété, notamment le recours aux clauses d’exclusivité et les clauses restrictives dans les baux commerciaux existants. La Loi sur la concurrence a également été modifiée pour lutter contre l’écoblanchiment. Dans le domaine immobilier, les promoteurs doivent maintenant être capables de démontrer la véracité de leurs allégations écologiques concernant leurs propriétés. L’augmentation du taux d’inclusion dans le revenu des gains en capital a été annoncée dans le budget fédéral d’avril 2024, passant de50 % à 66,66 %, sur tous les gains en capital réalisés par les entreprises et les fiducies ainsi que par les particuliers pour la portion des gains en capital excédant 250 000 $ dans une année donnée. Compte tenu du changement de gouvernement potentiel et du fait que ces mesures n’ont pas force de loi, restez à l’affût des nouvelles à ce sujet. Les autorités fiscales ont prévu une augmentation des taux de retenue applicables lors de la vente d’un bien canadien imposable par un non-résident du Canada depuis le 1er janvier 2025. En conséquence, les taux de retenue pour les dispositions effectuées depuis cette date ont augmenté de façon importante par suite de l’augmentation du taux d’inclusion à l’égard du gain en capital. Encore une fois cependant, l’incertitude demeure quant à l’application de cette mesure. Le Projet de loi no 86 modifiant entre autres la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles et la Loi sur l’acquisition des terres agricoles par des non-résidents a été déposé et présenté à l’Assemblée nationale par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, M. André Lamontagne. Les modifications visent notamment le contrôle des acquisitions de terres agricoles et la lutte contre l’achat de terres par des investisseurs étrangers. Restez à l’affût de l’évolution de ce projet de loi. La Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière d’habitation a « ouvert la porte » à l’autorisation par les municipalités des projets d’habitation avant le 21 février 2027 qui dérogent à la réglementation d’urbanisme locale pourvu que les conditions établies soient respectées.  Les municipalités se voient ainsi accorder un superpouvoir leur permettant de favoriser la mise en chantier de projets en 2025. Suivant cette année forte en rebondissements dans le domaine immobilier, notre équipe de droit immobilier est motivée et disposée à répondre à toutes vos questions et demandes. D’autres sujets vous viennent à l’esprit? Partagez-les avec nous et n’hésitez pas à nous contacter pour en discuter davantage. Bonne année 2025!

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  4. Financement de la transition énergétique du Québec : libérer le potentiel des actions accréditives

    Le Québec s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de transition énergétique et de décarbonation industrielle. Ce virage environnemental doit être pris dans un contexte où notre consommation d’énergie pourrait croître rapidement sous l’effet cumulé de plusieurs facteurs, tels que la réindustrialisation de notre économie, la croissance de notre population, l’électrification des transports ou encore le potentiel énergivore de l’intelligence artificielle. Investir dans le développement d’infrastructures énergétiques est donc primordial, l’abondance énergétique étant par ailleurs indispensable à la prospérité de l’économie. Or, les finances publiques sont déjà fortement sollicitées, notamment par la rénovation de nos infrastructures vieillissantes. Il est donc indispensable d’encourager l’investissement de capitaux privés, et la fiscalité peut s’avérer très efficace à cet égard. L’exemple américain En 2022, les États-Unis ont adopté l’Inflation Reduction Act (IRA), notamment pour stimuler les investissements dans le secteur de l’énergie renouvelable. Plus particulièrement, l’IRA a modifié ou créé plusieurs crédits d’impôt afin d’encourager les investissements privés1. Au cours des deux dernières années, les entreprises américaines ont annoncé un total de près de 276 milliards $ US en nouveaux investissements dans la production d’énergie propre, la capture ou l’élimination du dioxyde de carbone et d’autres formes de décarbonation industrielle, soit une augmentation de 34 % par rapport aux deux années précédentes2. L’impact de l’IRA réside dans sa créativité, sa flexibilité et son pragmatisme pour tenir compte des réalités respectives des différents intervenants du secteur énergétique, notamment en matière de fiscalité. En effet, les promoteurs de projets énergétiques doivent souvent attendre plusieurs années avant de générer des revenus et des profits, alors que les banques et autres fonds d’investissement qu’ils sollicitent sont présumément en exploitation bénéficiaire. Les pertes fiscales générées au cours des années de conception et de construction de tels projets ont donc un intérêt diffus pour les promoteurs, mais immédiat pour les investisseurs. Un marché de titres de participation assortis d’avantages fiscaux (tax equity market) s’est ainsi développé, permettant aux sociétés assujetties à l’impôt d’investir dans des parts d’entités constituées pour aménager de tels projets en vue de bénéficier de crédits d’impôt et d’un amortissement accéléré. Généralement, l’entité qui recueille les investissements et aménage le projet distribue 99 % des revenus, des pertes et des crédits d’impôt à l’investisseur jusqu’à ce qu’un rendement prédéterminé soit atteint. Une fois ce rendement atteint, la part des avantages attribués à l’investisseur diminue, et le promoteur a l’option de racheter la part résiduelle de l’investisseur. L’IRA a transformé la monétisation des crédits d’impôt fédéraux pour l’énergie propre, en permettant désormais d’acheter et de vendre ces crédits sans forcément avoir à faire un investissement à long terme. Cette nouvelle approche offre aux entreprises un moyen supplémentaire et intéressant de participer à ce marché croissant des crédits d’impôt3. En 2023, le volume du marché des titres de participation assortis d’avantages fiscaux pour les projets américains était d’environ 20 à 21 milliards $ US, soit une augmentation d’environ 18 milliards $ US par rapport à l’année précédente4. Cette tendance semble vouloir se maintenir. En effet, il est estimé que la valeur du marché actuel, particulièrement attractif pour les banques, devrait doubler pour atteindre 50 milliards $ US par an d’ici 20255. L’équivalent des actions accréditives Le mécanisme québécois et canadien de déductions fiscales qui ressemble le plus au marché américain des titres de participation assortis d’avantages fiscaux est probablement celui des actions accréditives. Ce mécanisme permet aux sociétés des secteurs minier et de l’énergie renouvelable de transférer leurs dépenses d’exploration minière et d’autres dépenses expressément désignées comme admissibles à des investisseurs, qui peuvent ensuite les déduire de leur propre revenu imposable6. Ces sociétés peuvent donc émettre des actions à un prix plus élevé que celui qu’elles recevraient pour des actions ordinaires, soutenant ainsi leurs activités d’exploration et d’aménagement. De leur côté, les investisseurs sont prêts à payer ce prix supérieur en contrepartie de la déductibilité fiscale des frais admissibles engagés par la société émettrice. Ces déductions fiscales peuvent atteindre au maximum 120 % des fonds propres investis dans ces actions7. De plus, un crédit d’impôt fédéral de 15 % ou de 30 % peut également être réclamé par ces investisseurs. Cependant, il convient de noter que ce mécanisme est plus rigide que le mécanisme américain, les incitations fiscales ne pouvant pas être cédées, et son application en étant réservée aux dépenses d’exploration et d'aménagement minières ainsi qu'à certaines dépenses précises liées à des projets d'énergie renouvelable et d'économie d'énergie telles que la production d’électricité utilisant des ressources renouvelables comme l’énergie solaire, le vent et la géothermie8. Ambition, innovation et passage à l’action (accréditive) Le Québec pourrait s’inspirer de l’IRA pour augmenter l’attractivité des actions accréditives, élargir leur champ d’application, et ainsi créer un nouvel outil de financement de la transition énergétique. Le secteur de l’énergie renouvelable s’apparente d’ailleurs au secteur minier à plusieurs égards, notamment quant au montant élevé des capitaux requis pour construire l’infrastructure nécessaire à l’exploitation d’une mine ou d’un outil de production énergétique. Bien établi et populaire auprès des investisseurs9, le mécanisme des actions accréditives pourrait avoir le même succès dans le contexte de notre transition énergétique. Rendre ces incitatifs plus facilement cessibles favoriserait en outre l’émergence d’un marché similaire à celui du marché américain des titres de participation assortis d’avantages fiscaux. Plusieurs porte-drapeaux québécois, comme Hydro-Québec10, Innergex11 ou Boralex12, nourrissent de grandes ambitions quant à l’aménagement de projets énergétiques d’envergure. Leur financement, tel que celui de la décarbonation industrielle et du renouvellement de nos infrastructures, présente d’importants défis. Pour les relever, il est important d’innover, afin de prendre à temps ce virage vers un monde plus durable, mais tout aussi prospère.13 Lien Rhodium Group et MIT’s Center for Energy and Environmental Policy Research (CEEPR), Clean Investment Monitor, lien Brandon Hill, How to take advantage of tax credit transferability though the Inflation Reduction Act, Thomson Reuters Institute, 16 avril 2024, lien Allison Good, Renewables project finance to keep pace in 2024, but tax equity rule looms, S&P Global, 12 janvier 2024, lien Lesley Hunter et Mason Vliet, The Risk Profile of Renewable Energy Tax Equity Investments, America Council on renewable energy, Décembre 2023, lien Lien Lien Lien Prospectors & Developers Association of Canada, Flow-through shares & the mineral exploration tax credit explained, lien Lien Lien Lien Les auteurs tiennent à remercier Sophie Poirier pour son travail au soutien de la rédaction de cette publication

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  1. Au-delà du code : l’alimentation en énergie de l’IA; est-ce l’heure du Canada ?

    L’essor de l’intelligence artificielle (IA) ne se limite plus aux algorithmes, aux données et aux logiciels. Autrefois confinée à l’esprit des informaticiens, l’IA dépend désormais d’une infrastructure physique massive : une production d’électricité accrue, des réseaux de transport et de distribution résilients, des centres de données hautement performants, soutenus par des semi-conducteurs de pointe, des minéraux critiques et des chaînes d’approvisionnement mondiales complexes. À mesure que l’IA pénètre tous les secteurs, de la défense1 à la finance2 , elle stimule une demande croissante en énergie fiable, abordable et à faible émission de carbone; en fabrication de matériel de pointe; ainsi qu’en construction et en modernisation d’infrastructures numériques. Cette évolution pose des défis importants, mais crée aussi des occasions, en particulier pour les pays riches en ressources comme le Canada. Cet article décrit d’abord les besoins en infrastructure de l’IA, puis examine comment le Canada pourrait se positionner comme acteur clé en tirant parti de ses ressources énergétiques et minérales critiques, tout en soulignant des lacunes cruciales de la stratégie actuelle. Infrastructures nécessaires à l’IA Le besoin d’une énergie stable La demande en électricité, stimulée par l’expansion des centres de données et des applications d’IA, est en forte hausse. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les centres de données ont consommé environ 415 térawattheures (TWh) en 2024, soit environ 1,5 % de la consommation mondiale d’électricité. Ce chiffre pourrait plus que doubler d’ici 20303, atteignant ainsi 945 TWh, l’IA étant le principal moteur de cette croissance. Dans certaines économies, les centres de données pourraient représenter plus de 20 % de la croissance de la demande d’électricité d’ici 2030, tandis qu’aux États-Unis, la demande pourrait être multipliée par plus de trente d’ici 2035, passant de 4 gigawatts en 2024 à 123 gigawatts4. Pour répondre à cette demande croissante, il faut de nouvelles capacités de production. La construction de centrales d’énergie renouvelable, nucléaires ou au gaz pose d’importants défis réglementaires, environnementaux et logistiques. Les énergies renouvelables sont soumises à des contraintes d’utilisation des sols, et l’intermittence de la production éolienne et solaire est incompatible avec les besoins en énergie constante de l’IA. Le nucléaire fait appel à des coûts initiaux élevés, à des exigences en matière d’autorisation et de sécurité, ainsi qu’à de longs délais de mise en œuvre. Plusieurs projets récents liés aux centres de données et aux infrastructures d’IA, dont ceux menés par xAI5, Oracle6 et Meta7 , se sont tournés vers la production d’électricité à partir du gaz naturel, en raison de sa rapidité de déploiement et de sa capacité à contourner les retards liés à l’interconnexion des réseaux. L’AIE souligne que l’accélération du déploiement de la production d’énergie propre est essentielle pour répondre à la demande induite par l’IA et respecter les engagements climatiques. Dans la pratique, les pays doivent trouver un équilibre entre l’urgence d’augmenter la capacité et les objectifs de décarbonation, ce qui représente un défi politique de plus en plus complexe. La stabilité et l’extensibilité de l’infrastructure IA dépendent également de la modernisation du réseau électrique et de l’implantation stratégique des centres de données. L’AIE souligne que « se concentrer uniquement sur l’augmentation de la production d’électricité ne suffira pas [...] les pays doivent également réfléchir à leurs infrastructures ». Deloitte note de même que « les ambitions du gouvernement et de l’industrie [américains] en matière d’IA se heurtent à la capacité du réseau à alimenter ou même à interconnecter les centres de données, étant donné qu’il faut attendre actuellement sept ans pour certaines demandes de connexion au réseau ». Besoins matériels pour l’infrastructure IA Au-delà de l’énergie, l’IA repose sur un large éventail de matériaux : pour construire les centres de données (béton, acier, cuivre, systèmes de refroidissement) et pour les équiper (semi-conducteurs et puces spécialisées, câblage, terres rares et métaux de haute pureté). La croissance tirée par l’IA exercera une pression supplémentaire, selon l’avertissement de l’AIE, sur les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, en particulier pour le cuivre et l’aluminium8, mais aussi pour le nickel, le gallium et le silicium. Cette pression n’est pas propre à l’IA : la transition mondiale vers l’électrification alimente déjà une concurrence intense pour les mêmes ressources rares. Le rapport de l’AIE Global Critical Minerals Outlook 20259 prévoit que la demande en cuivre, en lithium et en nickel pourrait doubler, voire tripler d’ici 2030, tandis que l’offre reste concentrée dans quelques régions et vulnérable aux chocs géopolitiques. En bref, l’IA repose sur une infrastructure physique lourde, soutenue par une base minérale limitée et sensible sur le plan géopolitique. Le chevauchement croissant entre l’IA et la transition énergétique au sens large souligne un point essentiel : la durabilité et l’extensibilité de l’IA dépendent autant de la gestion des ressources et de la politique industrielle que de l’innovation. Le Canada, un acteur clé potentiel Énergie : développement nucléaire et ambitions d’Hydro-Québec Le Canada est un important producteur d’énergie, ayant généré environ 639 TWh d’électricité en 2022, dont environ 70 % proviennent de sources renouvelables10. Ce point de départ confère au Canada un avantage comparatif pour alimenter en énergie les infrastructures numériques à forte consommation d’énergie, telles que les centres de données d’IA. Fort de ces acquis, le Canada développe actuellement sa capacité nucléaire. En 2023, Ontario Power Generation a annoncé son intention de construire jusqu’à quatre petits réacteurs modulaires (PRM) sur son site de Darlington, pour une puissance totale d’environ 1 200 mégawatts (MW) d’électricité propre11. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre d’un effort national visant à déployer une technologie nucléaire de nouvelle génération12 qui fournira une énergie de base stable et à faible teneur en carbone afin de soutenir l’électrification industrielle et la croissance des infrastructures d’IA. Parallèlement, au Québec, Hydro-Québec investit massivement dans la modernisation et l’expansion de ses capacités renouvelables. Son Plan d’action 2035 prévoit d’investir entre 90 et 110 milliards de dollars pour ajouter 8 000 à 9 000 MW de nouvelle capacité d’ici 2035, principalement grâce à l’hydroélectricité et à l’éolien. Le plan prévoit également la construction d’environ 5 000 km de lignes de transport à haute tension pour relier les nouvelles installations de production et améliorer la fiabilité dans toute la province13. Le climat froid du Canada offre un avantage opérationnel : les centres de données peuvent réduire considérablement leurs coûts de refroidissement en utilisant des techniques de refroidissement naturel. Par exemple, un centre de données de Winnipeg tire parti de l’air ambiant hivernal pour réduire sa consommation d’énergie et ses coûts14. Ce climat froid, associé à la capacité hydroélectrique et nucléaire du pays et à ses réserves de minéraux critiques nécessaires à la construction d’infrastructures d’IA, offre au Canada de solides perspectives d’investissement dans le domaine de l’IA. Les lacunes de la stratégie canadienne Le Canada a été le premier pays du G7 à lancer une stratégie nationale en matière d’IA en 2017 : la Stratégie pancanadienne en matière d’intelligence artificielle. Cette stratégie vise à positionner le Canada comme leader mondial dans le domaine de l’IA en favorisant l’excellence en recherche, en développant les talents et en encourageant la commercialisation. Cependant, elle met fortement l’accent sur le leadership intellectuel et les principes politiques, avec des mesures limitées pour répondre aux exigences physiques du déploiement à grande échelle de l’IA, notamment la capacité des centres de données, l’infrastructure numérique et l’intégration énergétique15. S’appuyant sur ce cadre, le gouvernement fédéral a annoncé la création du Groupe de travail sur la stratégie en matière d’intelligence artificielle le 26 septembre 202516. Cette initiative portera sur la sécurité de l’IA, la confiance du public et les infrastructures. Le groupe de travail, composé d’experts issus du monde universitaire, de l’industrie et de la société civile, formulera des recommandations. Néanmoins, les détails sur les mesures spécifiques restent limités. L’un des principaux défis structurels réside dans la faible coordination entre les autorités fédérales, provinciales et locales, ainsi qu’avec les parties prenantes autochtones et communautaires17. Si le gouvernement fédéral fixe des objectifs ambitieux en matière d’IA, de transition énergétique et de souveraineté numérique, la mise en œuvre dépend de la compétence provinciale en matière d’énergie, d’aménagement du territoire et de planification industrielle. Cette gouvernance fragmentée entraîne des priorités incohérentes et des retards. Le centre de données Wonder Valley, dans le nord de l’Alberta, annoncé comme un projet de 70 milliards de dollars américains visant à construire l’un des plus grands centres informatiques d’IA au monde, illustre ces tensions18. Malgré le soutien du gouvernement provincial, le projet a rencontré une forte opposition de la part de la bande de la nation des Cris du lac Sturgeon, qui invoquait une consultation préalable insuffisante et des préoccupations environnementales et relatives aux droits issus de traités. Cette controverse témoigne d’un problème plus important d’acceptabilité sociale, un obstacle récurrent aux projets industriels et d’infrastructures numériques à grande échelle partout au Canada. Le chevauchement des réglementations et les retards dans la délivrance des permis entravent considérablement la capacité du Canada à développer des infrastructures à grande échelle. Le Conseil canadien des affaires décrit le système de délivrance de permis pour les grands projets comme « trop complexe, trop long et constituant un obstacle majeur à l’attraction des investissements »,19 soulignant que les projets peuvent faire l’objet de processus d’approbations qui s’étalent sur des décennies avant que la construction ne commence. Ce labyrinthe de règles fédérales et provinciales fait peser une incertitude et entraîne une augmentation des coûts, ce qui est particulièrement problématique pour les secteurs à forte intensité de capital et en évolution rapide, tels que les infrastructures d’IA. Au Québec, deux défis stratégiques sont en évidence. Premièrement, la province réserve depuis longtemps d'importants blocs de capacité électrique aux industries traditionnelles à forte consommation d'énergie, en particulier les activités métallurgiques et minières, tout en accordant une priorité moindre aux centres de données. Hydro-Québec a explicitement déclaré en 2022 qu'elle « ne travaille aucunement à l'attraction de centres de données », reflétant ainsi son hésitation à consacrer des ressources énergétiques limitées à des secteurs perçus comme offrant peu d'emplois ou de valeur ajoutée locale. Cette approche prudente a fait en sorte que de nombreux projets, notamment des initiatives majeures de Google à Beauharnois, ont dû attendre des années avant d'être approuvés ou raccordés au réseau. La position de la province privilégie la diversification industrielle à long terme et la fabrication basée sur les ressources plutôt que l'expansion rapide des infrastructures numériques20. Deuxièmement, le Plan d'action 2035 du Québec met l'accent sur l'énergie éolienne et solaire comme compléments à l'hydroélectricité, mais leur intermittence ne cadre pas bien avec l'alimentation électrique continue requise par les centres de données d’IA. Si cette politique s'inscrit dans les objectifs de décarbonation, elle risque de rendre le Québec moins attrayant pour les opérateurs de centres de données à très grande échelle, dont beaucoup privilégient désormais les régions disposant d'une production de base stable à partir du nucléaire ou du gaz naturel, comme l'Ontario ou certains États américains. Pris ensemble, ces défis révèlent un écart structurel entre l'ambition du Canada de devenir un leader en matière d'IA et sa capacité à fournir les fondements physiques et réglementaires nécessaires pour la soutenir. Un partenariat récent entre le gouvernement américain, Westinghouse Electric Company, Brookfield Asset Management et Cameco Corporation visant à déployer au moins 80 milliards de dollars américains dans de nouvelles capacités nucléaires explicitement liées aux centres de données et aux calculs d'IA montre que la course mondiale pour construire l'infrastructure physique de l'IA est déjà lancée21.  Conclusion L’émergence de l’intelligence artificielle marque une profonde transformation de l’économie mondiale, aussi matérielle et infrastructurelle que numérique et cognitive. Les centres de données, les systèmes énergétiques et les chaînes d’approvisionnement en minéraux essentiels sont devenus les véritables artères de l’ère de l’IA. Ainsi, les pays qui réussiront dans cette nouvelle ère ne seront pas ceux qui se contenteront d’être les pionniers des algorithmes, mais ceux qui pourront sécuriser, développer et maintenir les fondements physiques de l’intelligence elle-même. Pour le Canada, le progrès dépend de sa capacité à combler le fossé entre son excellence en matière de recherche et ses capacités industrielles. Avec ses ressources abondantes en énergie propre, ses minéraux critiques et son solide écosystème technologique, le Canada dispose des ingrédients nécessaires pour devenir un champion des infrastructures d’IA durables. Cependant, sans une coordination cohérente et à long terme entre les niveaux fédéral et provincial et sans un environnement réglementaire rationalisé, il risque de rester en marge de la prochaine révolution technologique. Article original (en anglais) : https://emagazine.renewcanada.net/?pid=ODk8923274&p=31&v=3.10 Ministère des Armées et des Anciens combattants (2025). Comprendre l’IA de défense. https://www.defense.gouv.fr/actualites/comprendre-lia-defense KPMG (2025). L’IA dans la fonction finance. https://kpmg.com/ca/fr/home/insights/2025/01/ai-in-finance.html Agence internationale de l'énergie (2025). Energy and AI. https://www.iea.org/reports/energy-and-ai Deloitte (2025). Can US infrastructure keep up with the AI economy? https://www.deloitte.com/us/en/insights/industry/power-and-utilities/data-center-infrastructure-artificial-intelligence.html Data Centers Going Off-Grid With Natural Gas to ‘Find Any Way to Get Power’ https://www.naturalgasintel.com/news/data-centers-going-off-grid-with-natural-gas-to-find-any-way-to-get-power/ 'Go Where The Gas Is': Data Centers Follow Fracking In Search For Power https://www.bisnow.com/national/news/data-center-power/go-where-the-gas-is-data-centers-follow-the-fracking-in-search-for-power-131552 Ibid. Se reporter à la note 3. Agence internationale de l'énergie (2025). Global Critical Minerals Outlook 2025. https://www.iea.org/reports/global-critical-minerals-outlook-2025 Gouvernement du Canada (2025). Cahier d'information sur l'énergie, 2025-2026 : Énergie propre et carburants faible [sic] en carbone. https://information-energie.canada.ca/fr/faits-saillants-energie/energie-propre-carburants-faible-carbone Gouvernement de l’Ontario (2023). L’Ontario construit d’autres petits réacteurs modulaires pour alimenter sa croissance. https://news.ontario.ca/fr/release/1003248/lontario-construit-dautres-petits-reacteurs-modulaires-pour-alimenter-sa-croissance Gouvernement du Canada (2024). Plan d'action canadien pour les petits réacteurs modulaires. https://ressources-naturelles.canada.ca/source-energie/energie-nucleaire-uranium/plan-action-canadien-petits-reacteurs-modulaires Gouvernement du Québec (2023). Vers un Québec décarboné et prospère, Plan d’action 2025. https://www.hydroquebec.com/data/a-propos/pdf/plan-action-2035.pdf Economic Development Winnipeg. (sans date). Winnipeg’s cold climate means big savings for MTS Data Centres’ clients. https://www.winnipegedt.com/newsroom/read,post/596/winnipeg-s-cold-climate-means-big-savings-for-mts-data-centres-clients?dismiss=day Gouvernement du Canada (2025). Stratégie pancanadienne en matière d'intelligence artificielle. https://ised-isde.canada.ca/site/strategie-ia/fr Gouvernement du Canada (2025). Le gouvernement du Canada lance le Groupe de travail sur la stratégie en matière d’intelligence artificielle et une consultation publique en vue de l’élaboration de la prochaine stratégie canadienne en matière d’IA. https://www.canada.ca/fr/innovation-sciences-developpement-economique/nouvelles/2025/09/le-gouvernement-du-canada-lance-le-groupe-de-travail-sur-la-strategie-en-matiere-dintelligence-artificielle-et-une-consultation-publique-en-vue-de-.html The Dais (2024). From Potential to Performance: Roundtable Report on Canada’s Investment in AI Compute Infrastructure. https://dais.ca/wp-content/uploads/2024/10/AI-Roundtable-Summary-Report_V4.pdf E. Rubayita (2025). Alberta First Nation voices 'grave concern' over Kevin O'Leary's proposed $70B AI data centre. CBC. https://www.cbc.ca/news/canada/edmonton/alberta-first-nation-voices-grave-concern-over-kevin-o-leary-s-proposed-70b-ai-data-centre-1.7431550 Conseil canadien des affaires (2025). Étouffé par la bureaucratie. https://www.thebusinesscouncil.ca/fr/rapport/etouffe-par-la-bureaucratie/ L. Arbour et S. Mayer (2025). Les centres de données au Québec. Bibliothèque de l’Assemblée Nationale. https://premierelecture.bibliotheque.assnat.qc.ca/2025/02/10/les-centres-de-donnees-au-quebec/ Brookfield (2025). United States Government, Brookfield and Cameco Announce Transformational Partnership to Deliver Long-term Value Using Westinghouse Nuclear Reactor Technology. https://bam.brookfield.com/press-releases/united-states-government-brookfield-and-cameco-announce-transformational-partnership

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  2. Projet Alto et modes collaboratifs : 10 apprentissages clés pour l’industrie des infrastructures

    Retour sur un panel réunissant Alto, CDPQ Infra et Lavery au Grand Forum du Conseil des Infrastructures Le 26 novembre 2025, des leaders de l’industrie des infrastructures se sont réunis pour un panel consacré à la gestion collaborative des projets d’infrastructure, avec un focus sur le Projet Alto, le futur train à grande vitesse qui transformera les déplacements interurbains au Canada. Animée par David Tournier, associé chez Lavery, la discussion mettait en vedette : Sophie Lussier, Première vice-présidente et cheffe, services d’entreprise, performance organisationnelle et secrétariat, CDPQ Infra Félix Turgeon, Chef de la direction des Affaires juridiques, Alto Ensemble, ils ont partagé leur expérience d’un partenariat innovant entre le secteur public et le secteur privé, ainsi que des enseignements applicables à l’ensemble de l’industrie. 10 éléments à retenir du Projet Alto et des modes collaboratifs 1-   Un projet d’une ampleur inédite au Canada Premier train à grande vitesse du pays, Alto exige la mobilisation simultanée d’expertises publiques et privées dès les premières étapes. 2-   Un modèle collaboratif choisi pour créer davantage de valeur Il combine l’innovation et l’efficacité du secteur privé avec la vision, la gouvernance et la responsabilité du secteur public. 3-   Une gestion des risques proactive et structurée Les risques sont identifiés et répartis dès le départ selon l’expertise de chaque partenaire, un changement majeur vis-à-vis des modes traditionnels. 4-   Une gouvernance intégrée favorisant des décisions rapides et cohérentes Comités conjoints, groupes de travail intégrés et mécanismes de coordination continue permettent de maintenir l’alignement stratégique. 5-   Des objectifs publics forts et assumés Le projet vise à : augmenter la fréquentation, améliorer l’expérience voyageur, réduire l’empreinte environnementale, améliorer l’accessibilité, renforcer la sécurité, minimiser les coûts pour les contribuables, contribuer à la réconciliation avec les peuples autochtones. 6-   Un projet reconnu comme « transformateur » pour l’avenir du pays Le gouvernement souhaite en accélérer la réalisation, sans compromis sur les processus réglementaires et les consultations. 7-   Une forte mobilisation des communautés et parties prenantes La planification et la définition du corridor reposent sur une écoute active des municipalités, communautés autochtones et citoyens concernés. 8-   Un partenaire privé engagé sur le long terme Cadence participe non seulement à la conception et à la construction, mais aussi à l’exploitation et à l’entretien du futur réseau, alignant ses incitatifs sur la performance durable. 9-   Une culture de collaboration entretenue activement Rencontres générales, infolettres internes, Académies Alto, équipe co-localisée : une collaboration soutenue au quotidien pour maintenir le momentum. 10-   Un alignement croissant avec les tendances internationales et les pratiques innovantes La combinaison du PL62, de l’expérience Alto–Cadence et des exemples internationaux démontre que les modes collaboratifs deviennent un levier incontournable pour la réussite des grands projets au Québec et au Canada. Bilan du panel Le panel a permis de mettre en lumière la façon dont les modes collaboratifs redéfinissent la réalisation des projets d’infrastructure les plus complexes. Les panélistes ont expliqué comment cette approche, fondée sur l’intégration précoce des acteurs clés, la transparence et le partage structuré des risques, s’avère essentielle pour livrer un projet d’une telle ampleur. Les échanges ont illustré : la gouvernance intégrée instaurée entre Alto et Cadence, une dynamique basée sur la transparence et la résolution rapide des enjeux, l’apport stratégique d’une implication précoce du partenaire privé, et l’importance centrale de la consultation et de l’acceptabilité sociale pour un projet transformateur. Rappel sur les modes collaboratifs Avant d’aborder le cas Alto, le panel a fait un bref survol de ce que sont les modes collaboratifs en matière d’infrastructure. Contrairement au modèle traditionnel où le client conçoit et l’entrepreneur construit, les modes collaboratifs reposent sur une approche intégrée où le maître d’ouvrage, les concepteurs et les entrepreneurs travaillent ensemble plus tôt dans le cycle de vie du projet, avec : une gouvernance conjointe et des décisions partagées; une gestion intégrée des risques; une comptabilité à livre ouvert pour déterminer ensemble un coût cible; des mécanismes de partage des économies et des dépassements; une culture de non-réclamation et de résolution interne des enjeux. Ces modèles permettent une coopération et une transparence accrue, pour un meilleur équilibrage des risques, permettant une réduction des réclamations, ce qui aide au respect des échéanciers et, ultimement, à une meilleure performance globale des projets. Au Québec, ce mouvement est renforcé par le projet de loi 62, adopté en 2024, qui introduit de nouveaux « contrats de partenariat » facilitant l’implication précoce des contractants et le déploiement de mécanismes collaboratifs par les organismes publics. À l’international, plusieurs projets d’envergure, Union Station (Toronto), Terminal 5 (Heathrow), le pont Waaban (Kingston), démontrent que lorsque gouvernance, culture et mécanismes contractuels sont alignés, la collaboration devient un puissant levier de performance, particulièrement dans le contexte de projets atypiques. C’est précisément dans ce cadre que s’inscrit le Projet Alto, qui commence par une phase de co-développement de 5 ans avant le lancement de la construction. Conclusion Le Panel Alto a confirmé une chose : pour transformer l’industrie des infrastructures, il faut transformer la façon de collaborer. Le partenariat Alto–Cadence illustre comment une gouvernance intégrée, un partage structuré des risques et une culture axée sur la coopération permettent de mieux gérer la complexité et d’offrir une valeur durable aux citoyens.

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