Infrastructures et grands projets

Vue d’ensemble

Lavery se distingue comme un chef de file dans le secteur des infrastructures et grands projets au Québec, offrant son expertise aux divers intervenants impliqués dans ce secteur dynamique. 

Notre équipe de professionnels qualifiés est parfaitement équipée pour répondre à tous les besoins liés aux projets d’infrastructures, grâce à une expérience et des compétences éprouvées :

  • Projets d’infrastructures : Nous avons une expérience notable dans l’acquisition, la construction, le financement, l’exploitation et l’entretien d’infrastructures, nous permettant de gérer des projets de grande envergure avec efficacité dans tout cadre contractuel, incluant les modes collaboratifs de réalisation.
  • Énergie : Nous accompagnons nos clients dans le développement, le financement et la mise en œuvre de projets d’énergie renouvelable et conventionnelle. Grâce à notre expertise approfondie, nous offrons des conseils stratégiques sur les aspects réglementaires, contractuels et environnementaux de leurs projets et les accompagnons dans la négociation de contrats complexes, l’obtention de permis, ainsi que la gestion des litiges potentiels. Notre équipe est dédiée à promouvoir des solutions innovantes et durables afin de répondre aux défis énergétiques contemporains.
  • Projets industriels : Nous soutenons des entreprises de plusieurs secteurs dans la conception, la construction et l’exploitation d’installations industrielles et manufacturières. Nous offrons une expertise juridique complète en matière de droit des contrats, de droit de l’environnement et de réglementation du travail, ce qui permet à nos clients de naviguer efficacement dans le cadre légal complexe de ces projets.
  • Collaboration avec les entités publiques : Notre expertise s’étend aux sociétés d’État québécoises et fédérales ainsi qu’aux organismes de droit public, notamment dans les secteurs du transport, du droit ferroviaire et de l’énergie renouvelable.
  • Gestion des appels d’offres : Nous offrons une assistance complète en matière de révision d’appels d’offres, de planification stratégique contractuelle et de gestion des appels d’offres.
  • Gestion des différends : Nous possédons une expertise en gestion de différends en cours de construction et en règlement de réclamations post-construction, assurant une résolution rapide et efficace des litiges.
  • Connaissance des organismes publics : Notre connaissance approfondie des principes de gestion contractuelle des organismes publics nous permet de fournir des conseils juridiques et stratégiques pertinents en gouvernance.
  • Analyse de soumissions : Nous offrons des conseils et une analyse rigoureuse en matière de recevabilité et de conformité des soumissions et réclamations de construction.
  • Aspects constitutionnels : Notre maîtrise des aspects constitutionnels et du partage des compétences législatives nous permet de naviguer efficacement dans le cadre juridique complexe des projets d’infrastructures.
  • Structures transactionnelles et financières : Notre expertise couvre les structures transactionnelles et financières, y compris les partenariats, assurant une solide base financière pour vos projets.
  • Transactions immobilières : Nous offrons des conseils spécialisés sur les opérations et transactions immobilières, telles que les acquisitions/ventes, expropriations, démembrements du droit de propriété, servitudes, louage et permis d’occupation.

En faisant appel à Lavery, vous bénéficiez d’un partenaire stratégique de choix qui vous accompagnera à chaque étape de vos projets d’infrastructures avec une approche personnalisée et adaptée à vos besoins spécifiques.

Expertises

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Projets

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  1. Financer nos infrastructures: modèles éprouvés et approches innovantes

    Le premier article1 de cette série dresse un état des lieux du financement des infrastructures au Québec et au Canada et présente les raisons pour lesquelles il doit évoluer, notamment les retards cumulés dans l’entretien, les impératifs de la transition énergétique ou encore, les contraintes budgétaires croissantes l’exigent. Ce deuxième article, quant à lui, se penche sur les modèles de financement émergents et leurs applications concrètes. Approches de financement renouvelées et émergentes Les partenariats public-privé2 Les partenariats public-privé (PPP) constituent un modèle bien établi de financement et de gestion des projets d’infrastructure. Dans ce type d’entente, le secteur privé peut participer à la conception, à la construction, au financement et, dans certains cas, à l’exploitation et à l’entretien d’un bien public3. En contrepartie, le partenaire privé reçoit des paiements conditionnels au rendement, notamment la réalisation de jalons prédéterminés pendant la construction et la disponibilité ou la qualité du service durant l’exploitation. Les PPP contemporains se distinguent par leurs mécanismes contractuels de suivi du rendement et de gestion du changement, ce qui permet des ajustements aux conditions financières ou opérationnelles au fil du temps selon le rendement réel du partenaire privé. Cette approche améliore la répartition des risques entre les parties : le secteur privé assume généralement les risques liés aux coûts, aux délais et au rendement, tandis que le secteur public conserve la responsabilité de définir les niveaux de service et de garantir l’accessibilité des services essentiels à la population. Les ententes récentes de PPP prévoient de plus en plus des clauses d’exécution détaillées et des mécanismes d’examen financier fondés sur des indicateurs mesurables. Ces mesures favorisent une gestion rigoureuse des marchés, renforcent la transparence et l’imputabilité, permettent une répartition plus équitable des bénéfices et accroissent la résilience face aux imprévus. Sous l’angle des finances publiques, les PPP présentent également un avantage budgétaire important. Comme le partenaire privé fournit le financement initial et est remboursé progressivement par des paiements pour services rendus, l’investissement initial ne se traduit pas nécessairement de la même manière que la dette publique traditionnelle, selon le cadre comptable applicable. Il prend plutôt la forme d’engagements contractuels à long terme. Cette structure peut aider les gouvernements à faire avancer des projets prioritaires malgré des limites d’emprunt strictes ou des contraintes budgétaires annuelles. Cela ne doit toutefois pas être confondu avec la justification économique du PPP, qui repose d’abord sur l’allocation des risques, la discipline d’exécution et la performance sur le cycle de vie.  Lorsque les obligations d’entretien et de renouvellement sont intégrées au cadre contractuel, les biens aménagés dans le cadre de PPP ont également tendance à être mieux entretenus au fil du temps. En effet, ces obligations incombent au partenaire privé et ne dépendent pas de décisions politiques ultérieures concernant l’attribution de budgets d’entretien. À titre d’exemple, l’entente PPP de l’autoroute 25 prévoit expressément la conception, la construction, le financement, l’exploitation, l’entretien et la réhabilitation de l’infrastructure, et confie au partenaire privé la responsabilité de l’exploitation et de l’entretien du tronçon visé. Cela dit, le financement privé présente souvent un coût nominal plus élevé que l’emprunt souverain. En amont, le choix du PPP gagne donc à être appuyés par des analyses de rapport qualité-prix (Value for Money) afin de documenter, projet par projet, si la prime de financement privé est compensée par la valeur créée. L’intérêt des PPP réside donc dans la valeur du transfert de risques, la discipline de réalisation des projets et la gestion plus prévisible du cycle de vie, autant d’éléments qui doivent être soigneusement évalués au cas par cas. Les marchés axés sur le rendement4 Les marchés axés sur le rendement sont des outils de plus en plus utilisés dans le financement et la gestion des infrastructures publiques, notamment dans les secteurs de l’énergie, des transports et de la gestion des ressources en eau. Dans ce type d’entente, l’exploitant du secteur privé est rémunéré en fonction de la qualité du service fourni ou de l’efficacité obtenue, plutôt que selon une rémunération purement fixe ou basée sur les intrants. Ce modèle favorise une mentalité axée sur les résultats, selon laquelle les paiements dépendent de l’atteinte d’indicateurs mesurables tels que la disponibilité des biens, la consommation d’énergie, les délais d’intervention ou la satisfaction des usagers. En liant directement la rémunération au rendement, ces marchés incitent les partenaires privés à innover, à optimiser leurs processus et à maintenir un niveau de service élevé pendant toute la durée du projet. Ils peuvent également contribuer à réduire les coûts d’exploitation à long terme et à mieux gérer les risques liés à l’entretien et à l’obsolescence, puisqu’ils privilégient une approche proactive plutôt que corrective. Les marchés axés sur le rendement et les PPP ne sont pas incompatibles. En pratique, on peut intégrer des marchés axés sur le rendement à des ententes de PPP (par exemple, lorsque les paiements liés à la disponibilité ou au rendement énergétique constituent un élément central du modèle d’affaires) ou les utiliser de manière autonome dans des ententes d’approvisionnement plus traditionnelles, notamment pour l’exploitation et l’entretien de biens existants. Dans les deux cas, le commun dénominateur consiste à aligner les flux de financement sur des critères de rendement mesurés de manière objective. La chaîne de blocs et l’automatisation5 L’intégration de la technologie de la chaîne de blocs dans les projets d’infrastructure représente une innovation prometteuse, surtout lorsque ceux-ci mobilisent de nombreuses parties prenantes, d’importants flux financiers et des chaînes d’approvisionnement complexes. La structure décentralisée et infalsifiable de la chaîne de blocs permet la mise en place de « contrats intelligents », c’est-à-dire des ententes dont les conditions clés (par exemple, l’achèvement d’une étape de construction ou la livraison de matériaux) sont codées et déclenchent automatiquement des actions lorsque les conditions sont remplies. Dans le contexte des projets de construction et d’infrastructure, cette technologie peut simplifier les processus d’approvisionnement et de paiement. Par exemple, lorsqu’un ingénieur indépendant confirme l’achèvement d’une pile de pont conformément aux plans, un contrat intelligent pourrait verser automatiquement à l’entrepreneur le paiement correspondant à partir d’un compte de garantie bloqué, tout en mettant à jour le registre du projet partagé entre le maître d’ouvrage, les entrepreneurs et les prêteurs. La technologie peut également servir à consigner les livraisons de matériaux critiques dans un registre partagé, ce qui permet de garantir que seuls les produits approuvés sont utilisés et de réduire les risques de fraude ou de substitution. En automatisant ces étapes, la chaîne de blocs peut réduire les délais administratifs, limiter les litiges liés aux factures et renforcer les pistes de vérification. Sur le plan du financement, cette transparence accrue et la fiabilité des données de projet intéressent particulièrement les prêteurs et les investisseurs. L’accès à des données plus solides en temps réel sur l’avancement des travaux, les coûts et la conformité peut faciliter le suivi des engagements, réduire les risques de contrepartie perçus et favoriser un décaissement plus efficace des fonds, voire une réduction des marges de financement pour les projets bien structurés. Le financement participatif6 Le financement participatif s’impose progressivement comme un outil complémentaire pour financer des projets d’infrastructure et de construction, surtout lorsqu’ils sont de plus petite envergure et à vocation communautaire. Ce modèle repose sur la mobilisation d’un grand nombre de contributions individuelles plutôt que sur un petit nombre d’investisseurs institutionnels ou de subventions publiques. Un exemple souvent cité est celui de la passerelle piétonne Luchtsingel, à Rotterdam, qui a été financée en partie grâce à une campagne permettant aux citoyens d’acheter des planches de bois individuelles gravées de leur nom. Des milliers de petites contributions ont ainsi déclenché l’octroi d’une subvention municipale plus importante. L’initiative a démontré que l’investissement citoyen peut favoriser des partenariats public-privé plus larges7. Si le financement participatif offre un engagement communautaire accru et une plus grande transparence, sa réussite repose sur une campagne solide, des modèles de revenus clairs ou une justification claire des bénéfices publics, ainsi qu’une gouvernance crédible. Pour l’instant, cet outil demeure marginal. Il illustre néanmoins comment les citoyens peuvent participer directement au financement et à la conception des infrastructures de leur collectivité. Études de cas internationales Europe : obligations vertes et partenariats public-privé Dans les marchés publics français, le modèle dominant est celui du marché de partenariat, c’est-à-dire un contrat intégré par lequel un exploitant du secteur privé s’engage à prévoir le financement, la conception, la construction, l’entretien et éventuellement l’exploitation d’un bien public, en échange de paiements publics différés liés au rendement. Une réforme adoptée en 2015 a créé ce modèle contractuel afin d’harmoniser le droit interne avec les règles de l’Union européenne. Elle a regroupé les précédents mécanismes hétérogènes inspirés des PPP dans une catégorie précise de contrats publics, distincte des contrats de concession. Le marché de partenariat vise l’optimisation des coûts sur l’ensemble du cycle de vie et le transfert des risques pertinents (conception, construction, disponibilité, rendement énergétique) en échange d’une prime de financement privé. Ces contrats reposent généralement sur des paiements fondés sur le rendement, des clauses de redressement financier et des mécanismes de supervision renforcée. Ils conviennent aux projets complexes de longue durée qui regroupent conception, construction et entretien, tout en permettant d’étaler les dépenses publiques sur plusieurs années8. Ces avantages s’accompagnent toutefois de défis en matière de gouvernance. Les contrats sont complexes, de longue durée et souvent coûteux à préparer et à superviser. Ils soulèvent donc des enjeux de transparence, de capacité des autorités publiques à négocier sur un pied d’égalité avec les partenaires privés et de contrôle démocratique sur des engagements qui peuvent s’étendre sur plusieurs décennies. Les obligations vertes et d’autres instruments de financement durable soutiennent de plus en plus ce modèle de partenariat en Europe. Ces instruments sont devenus des outils centraux pour le financement des infrastructures durables et permettent de mobiliser des capitaux pour soutenir des projets comportant des résultats environnementaux mesurables. Selon les données de l’Agence européenne pour l’environnement, les obligations vertes représentaient 6,9 % de l’ensemble des obligations émises par les sociétés et les administrations publiques dans les 27 pays de l’Union européenne en 2024, comparativement à 5,3 % en 20239. Par ailleurs, la Banque européenne d’investissement a approuvé plus de 15 milliards d’euros de nouveaux financements au milieu de l’année 2025 pour des projets d’infrastructures liés à l’eau, aux transports, à l’énergie et au logement qui soutiennent la transition écologique10. Ces tendances reflètent l’orientation stratégique de la région vers la mobilisation de capitaux pour des infrastructures à faibles émissions de carbone, telles que les transports collectifs, les sources d’énergie renouvelable et la rénovation énergétique des bâtiments. Asie : modélisation numérique et chaîne de blocs La Land Authority de Singapour a mis en place le premier jumeau numérique à l’échelle nationale : un modèle tridimensionnel à haute résolution de l’ensemble du territoire, généré à partir de données issues de balayages laser aériens et terrestres effectués par véhicules, qui cartographie les infrastructures souterraines et de surface. Cette plateforme intègre des données en temps réel sur les bâtiments, les infrastructures, la mobilité et l’environnement afin de simuler différents scénarios liés à l’aménagement du territoire, à la gestion des infrastructures, à la durabilité et aux interventions d’urgence. Elle permet également une collaboration accrue entre les organismes publics et les acteurs privés, soutient l’élaboration de politiques fondées sur les données et sert de banc d’essai pour les services et applications de l’initiative Smart Nation. Avec l’intégration progressive de l’intelligence artificielle, la plateforme Virtual Singapore devient un outil opérationnel évolutif qui améliore la gestion urbaine et appuie la recherche sur les villes résilientes et efficaces. Les autorités envisagent également d’ouvrir une partie du système au public afin de renforcer la transparence et la participation citoyenne11. En complément de cette infrastructure de modélisation numérique, la banque OCBC et la Land Transport Authority de Singapour ont lancé un projet pilote de solution de paiement conditionnel fondée sur la chaîne de blocs pour les projets de construction. Selon cette entente, l’autorité publique peut verser des « paiements anticipés pour les activités de mobilisation » aux entrepreneurs lorsque les conditions prévues dans des contrats intelligents sont remplies. Cette innovation simplifie les processus de décaissement, améliore la transparence quant à l’utilisation des fonds et réduit les formalités administratives associées aux paiements initiaux importants souvent requis dans les grands projets d’infrastructure. Plus de 22 millions de dollars singapouriens avaient déjà été versés par ce mécanisme lors du lancement du projet pilote12. En combinant la modélisation numérique et la chaîne de blocs, Singapour a créé un système intégré d’aménagement et de financement des infrastructures. D’une part, le jumeau numérique permet une planification plus précise, une estimation plus fiable des coûts et une meilleure évaluation des risques, ce qui facilite la structuration de projets susceptibles d’attirer des financements et rassure davantage les investisseurs et les prêteurs. D’autre part, le système de paiement fondé sur la chaîne de blocs sécurise et accélère les flux financiers lorsque les étapes du projet sont franchies. Ensemble, ces outils renforcent la transparence des projets, la coordination entre les parties prenantes, la gestion des risques et la gouvernance du cycle de vie des infrastructures. Amérique latine : mobilisation des marchés régionaux pour le financement des infrastructures La Banque interaméricaine de développement (BID) a considérablement renforcé son rôle comme source de financement pour les infrastructures en Amérique latine et dans les Caraïbes. En décembre 2024, son conseil d’administration a approuvé 2,478 milliards de dollars américains pour financer des projets de développement durable et d’infrastructures dans dix pays, notamment dans les domaines des services d’eau et d’assainissement, de la mobilité urbaine, de la transition énergétique et des infrastructures sociales13. En 2025, la BID a également approuvé 1,086 milliard de dollars supplémentaires pour soutenir des projets d’infrastructures stratégiques et résilientes face aux changements climatiques au Brésil, en Colombie, en Uruguay et au Chili. Ces projets comprennent notamment le développement urbain, la remise en service de réseaux ferroviaires et la sécurité de l’approvisionnement en eau pour les régions métropolitaines14. Au-delà du financement de projets individuels, la BID a annoncé un engagement général à long terme. Elle prévoit mobiliser jusqu’à 40 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. Cet investissement soutiendra une « triple transition » : écologique, numérique et sociale. Les fonds financeront notamment la transition énergétique, la résilience climatique, les services d’eau et d’assainissement, la mobilité durable, la protection des écosystèmes et le développement d’infrastructures inclusives15. Par ces initiatives, la BID cherche à réduire le déficit d’infrastructures de la région, à orienter le développement vers la durabilité, la résilience et l’inclusion sociale, tout en approfondissant les marchés régionaux des capitaux pour le financement des infrastructures. Conclusion Le financement des infrastructures évolue aujourd’hui sous l’effet combiné de deux dynamiques : l’innovation technologique et l’augmentation des besoins d’investissement. Qu’il s’agisse des PPP modernes, des marchés axés sur le rendement, de l’automatisation rendue possible par la chaîne de blocs ou du financement participatif porté par les collectivités, ces instruments émergents élargissent l’accès au capital tout en améliorant l’efficacité, la transparence et l’imputabilité. Les études de cas internationales démontrent que ces approches sont déjà mises en pratique dans plusieurs régions du monde. L’Europe mobilise de plus en plus le financement durable, notamment par l’émission d’obligations vertes intégrées à des contrats de partenariat à long terme. L’Asie se distingue comme région pionnière en combinant la modélisation numérique et la chaîne de blocs pour simplifier la réalisation des projets et fournir aux bailleurs de fonds des données plus fiables et plus récentes sur les risques et le rendement. L’Amérique latine s’appuie sur les banques régionales de développement pour combler son déficit d’infrastructures et financer des projets résilients face aux changements climatiques et socialement inclusifs. Globalement, ces initiatives témoignent d’un virage mondial vers des systèmes d’infrastructure qui reposent davantage sur les données, le rendement, la participation et des sources de financement diversifiées. Dans un contexte où les gouvernements doivent composer avec des contraintes budgétaires croissantes et des exigences accrues en matière de durabilité, l’adoption de ces nouveaux modèles de financement ouvre la voie à la réalisation de projets d’infrastructure qui sont à la fois viables sur le plan financier, résilients, transparents et alignés sur des objectifs sociétaux à long terme. Pourquoi repenser le financement des infrastructures au Québec et au Canada en 2026 ? https://www.lavery.ca/fr/publications/nos-publications/6438-pourquoi-repenser-le-financement-des-infrastructures-au-quebec-et-au-canada-en-2026-.html Banque mondiale. (2017). Public-Private Partnership Reference Guide (3th ed.). https://ppp.worldbank.org/sites/default/files/2024-08/PPP%20Reference%20Guide%20Version%203.pdf Achats Canada. (2025). Partenariat public-privé. Gouvernement du Canada. https://achatscanada.canada.ca/fr/portail-de-l-acheteur/approvisionnement-specialise/strategique/partenariat-public-prive Banque mondiale. (2023). Performance-based contracts: Promoting quality road maintenance and economic efficiency. World Bank. https://blogs.worldbank.org/en/transport/performance-based-contracts-promoting-quality-road-maintenance-and-economic-efficiency Waqar, A., Khan, A. M., & Othman, I. (2024). Blockchain empowerment in construction supply chains: enhancing efficiency and sustainability for an infrastructure development. Journal of Infrastructure Intelligence and Resilience, 3(1), 100065. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2772991523000403 Construction Placements. (2025). Crowd-funded infrastructure: Can retail investors finance bridges?. https://www.constructionplacements.com/crowdfunded-infrastructure-retail-investors-bridges Petty, J. (2017). Crowdfunding architecture. Architect & Developer. https://architectanddeveloper.com/crowdfunding-architecture/ MEFSIEN. Les marchés de partenariat. https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/daj/media-document/FT16_Le_marche_de_partenariat.pdf Agence européenne pour l’environnement. (2025). Green bonds in Europe. https://www.eea.europa.eu/en/analysis/indicators/green-bonds-8th-eap EuropaWire. (2025). European Investment Bank Group Unveils €15.5 Billion Boost for Water, Transport, Housing, Energy and Innovation. https://news.europawire.eu/european-investment-bank-group-unveils-e15-5-billion-boost-for-water-transport-housing-energy-and-innovation/eu-press-release/2025/07/18/12/28/51/159075/ OPSI. (2015). Virtual Singapore – Singapore’s virtual twin. https://oecd-opsi.org/innovations/virtual-twin-singapore/ OCBC. (2024). OCBC partners LTA to pilot blockchain-based conditional payment solution for construction projects. https://www.ocbc.com/group/media/release/2024/ocbc-partners-lta-to-pilot-blockchain-based-conditional-payment-solution-for-construction-projects BID. (2024). CAF approves USD 2.478 billion for sustainable development in Latin America and the Caribbean. https://www.caf.com/en/currently/news/caf-approves-usd-2478-billion-for-sustainable-development-in-latin-america-and-the-caribbean/ BID. (2025). CAF Board of Directors approves USD 1.086 billion to boost sustainable infrastructure and climate resilience in Latin America. https://www.caf.com/en/currently/news/caf-board-of-directors-approves-usd-1086-billion-to-boost-sustainable-infrastructure-and-climate-resilience-in-latin-america/ BID. (2025). CAF to allocate USD 40 billion over the next five years to boost green growth. https://www.caf.com/traducciones/traducciones_en/caf-to-allocate-usd-40-billion-over-the-next-five-years-to-boost-green-growth/

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  2. Pourquoi repenser le financement des infrastructures au Québec et au Canada en 2026 ?

    Le financement des infrastructures, qu’il s’agisse d’entretenir celles qui nous ont été léguées, de construire celles dont nous avons besoin aujourd’hui, ou d’anticiper celles qui seront indispensables, constitue l’un des plus grands défis de nos sociétés modernes. Les infrastructures civiles, industrielles et énergétiques sont des actifs essentiels au bien commun, mais leur entretien et leur modernisation exigent des investissements colossaux. Or, les finances publiques sont exsangues, limitant la capacité des gouvernements à agir seuls. Dans ce contexte, il devient crucial de recourir à tous les modes de financement disponibles, en intégrant des capitaux privés et en concevant des outils financiers innovants. C’est dans cette perspective que nous proposons une série de six articles consacrés au financement des infrastructures au Québec et au Canada. Nous présenterons les enjeux de ces investissements stratégiques et mettrons en lumière des solutions concrètes pour y faire face. Ce premier opus dresse d’abord un état des lieux au Québec et au Canada, avant de souligner les défis actuels et les solutions qui façonneront les infrastructures de demain. État des lieux au Québec et au Canada Au Québec, l’investissement public en matière d’infrastructures est encadré par le Plan québécois des infrastructures (le « PQI »), qui prévoit pour la période 2025-2035, l’injection de 164 milliards de dollars1. Le PQI est un outil de planification gouvernementale qui recense et priorise les projets d’infrastructures majeurs dans l’ensemble des secteurs publics. Dans sa mouture actuelle, le PQI accorde une attention particulière à la pérennité des infrastructures existantes, qui absorberont près de 65 % des sommes prévues, l’objectif étant de maintenir en état un patrimoine public qui accuse un retard chronique d’entretien. Les investissements sont principalement orientés vers : les transports routiers (36 G$); la santé (28 G$); l’éducation (23 G$); et les transports collectifs (9 G$). En matière d’infrastructures énergétiques, le Québec s’est engagé dans une transformation majeure. Selon le Plan d’action 2035 d’Hydro-Québec, la province s’est donnée comme objectif de doubler sa capacité de production d’électricité d’ici 2050, avec comme cible intermédiaire d’ajouter 60 térawattheures (TWh) en 2035. Ce plan implique des investissements de plus de 100 milliards de dollars pour la construction de nouveaux barrages, de parcs éoliens et de réseaux de transport d’électricité, afin de répondre à la croissance de la demande liée à l’électrification et à la transition énergétique2. À l’échelle canadienne, la question énergétique est également au cœur des priorités. On assiste à une résurgence du nucléaire, avec plusieurs provinces (Ontario, Nouveau-Brunswick, Alberta, Saskatchewan) qui comptent sur la mise en service de petits réacteurs modulaires (PRM)3 pour décarboner leur production et assurer la sécurité énergétique. Parallèlement, la pression demeure forte pour la construction de nouveaux pipelines afin de soutenir l’exportation des hydrocarbures, notamment vers l’Asie et l’Europe, dans un contexte de transition énergétique et de sécurité des approvisionnements4. Au niveau fédéral, le budget 2025 concrétise les ambitions d’investissement5 du premier ministre Mark Carney pour faire face à des enjeux cruciaux tels que le logement, le transport, la résilience climatique et l’accessibilité. Un des programmes phares au niveau fédéral est la création de Maisons Canada6, une nouvelle agence mise sur pied en septembre 2025 et dotée d’une enveloppe de 13 milliards de dollars. Ce programme vise à accélérer la construction de logements abordables, à utiliser les terrains publics comme levier et à adopter des techniques modernes comme la construction modulaire ou en bois. Parallèlement, le premier ministre a annoncé le 11 septembre une première série de projets énergétiques, portuaires et miniers d’envergure nationale, en plus d’exprimer le souhait d’ajouter d’autres projets au cours des prochaines années. Cette liste inclut notamment l’expansion du port de Montréal à Contrecœur. Défis actuels Le déficit de maintien des actifs, c’est-à-dire le montant estimé des infrastructures en mauvais état ou très mauvais état, est chiffré par le gouvernement du Québec en 2025 à plus de 40 milliards de dollars. C’est donc cette somme qu’il serait nécessaire d’investir dès aujourd’hui pour simplement ramener le réseau à un état jugé acceptable. Outre la remise en état des infrastructures vieillissantes, il importe également de rendre les infrastructures existantes plus résilientes — rappelons par exemple qu’en 2024, les inondations provoquées par l’ouragan Debby ont causé pour 2,5 milliards de dollars de dommages dans le sud du Québec7 — et plus sobres en carbone, si nous souhaitons un jour que le Québec atteigne ses objectifs climatiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, la modernisation doit intégrer l’adaptation aux changements climatiques, la cybersécurité et la gestion intelligente des réseaux. Il faut accélérer la construction de nouvelles infrastructures pour assurer la prospérité du Canada. En 2023, la Société canadienne d’hypothèques et de logement rappelait que 3,5 millions de nouveaux logements seront nécessaires d’ici 2030 pour rétablir l’abordabilité au pays8. À cela s’ajoutent les besoins en infrastructures énergétiques, de transport et de santé, qui s’intensifient sous l’effet de la croissance démographique, de la transition énergétique, de la réindustrialisation souhaitée et, dans l’avenir, de l’utilisation croissante de l’énergivore intelligence artificielle. Pour répondre à ces enjeux, les gouvernements font cependant face à un manque crucial de liquidités. Le budget 2025 d’Ottawa comprend un déficit de 78 milliards de dollars9, et celui du gouvernement du Québec, un déficit record de 13,6 milliards de dollars10. Ces déficits structurels limitent considérablement leur marge de manœuvre budgétaire et les obligent à faire des choix entre les différents enjeux auxquels nos sociétés sont confrontées. Enfin, au niveau municipal, les municipalités sont tenues par la loi de présenter un budget équilibré, ce qui, face à la hausse des dépenses et la nécessité électorale de ne pas augmenter considérablement les impôts, limite les investissements possibles. Solutions possibles : Capitaux privés et innovations financières Face à la pression croissante sur les finances publiques, notamment au niveau municipal, les gouvernements ne peuvent plus assumer seuls le coût de modernisation et de développement des infrastructures. Dans ce contexte, la mobilisation accrue des capitaux privés et l’innovation financière deviennent incontournables pour combler l’écart entre les besoins et les capacités financières publiques. Parmi les solutions privilégiées figurent les partenariats public-privé, la tarification intelligente (péages, redevances d’usage, tarification dynamique) et la mobilisation de l’épargne institutionnelle, notamment par l’intermédiaire des fonds de pension, des compagnies d’assurance et des fonds d’investissement. Les fonds de pension et les compagnies d’assurance sont particulièrement attirés par les projets d’infrastructures. Leur horizon d’investissement à long terme s’accorde bien avec la durée de vie des projets et les flux de revenus stables qu’ils génèrent. C’est par exemple le cas du Fonds de solidarité FTQ, qui dispose d’un fonds dédié à l’immobilier11. Les banques sont des acteurs clés dans la réalisation de projets d’infrastructure. Par l’offre de financements hybrides, combinant prêts à taux avantageux et garanties publiques pour sécuriser les investissements dans des projets critiques comme les autoroutes, les ponts ou les réseaux ferroviaires. Enfin, on remarque que les fonds d’investissement se tournent de plus en plus vers le financement d’infrastructures, comme en témoigne l’exemple de BlackRock12. BlackRock a récemment renforcé sa position dans ce secteur en acquérant Global Infrastructure Partners pour 12,5 milliards de dollars, créant ainsi une plateforme d’investissement de premier plan dans les marchés privés d’infrastructures. Cette acquisition, combinée à des partenariats stratégiques avec des acteurs comme Microsoft, vise à répondre à la demande croissante d’infrastructures numériques et énergétiques essentielles pour soutenir les avancées technologiques et l'économie numérique. Par ailleurs, l’achat de ports clés du canal de Panama pour 23 milliards de dollars démontre l’engagement de BlackRock envers des actifs d’infrastructure critiques à l’échelle mondiale. Ces investissements motivés par la volonté de diversifier ses portefeuilles et de se protéger contre l’inflation permettent une intégration de professionnels dans la réalisation des projets. Si ces approches permettent de diversifier les sources de financement, d’accélérer la réalisation des projets et de répartir les risques entre les secteurs public et privé, elles soulèvent également des enjeux de gouvernance, de transparence et d’acceptabilité sociale, qui nécessitent une attention particulière pour garantir l’intérêt public à long terme. Le financement des infrastructures au Québec et au Canada doit impérativement évoluer pour répondre au déficit d’entretien, aux exigences de la transition énergétique et aux contraintes budgétaires croissantes. Les capitaux privés, qu’il s’agisse de fonds de pension, de banques ou de fonds spécialisés, offrent une solution incontournable pour soutenir l’effort collectif. Au-delà de la diversification des sources de financement, l’émergence d’innovations contractuelles et financières, telles que les contrats de performance, les obligations vertes ou les modèles de partage de risques, ouvre de nouvelles perspectives pour attirer les investisseurs privés tout en protégeant l’intérêt public. Notre prochain article présentera en détail ces nouveaux outils et mécanismes, ainsi que les conditions de leur succès dans le contexte québécois et canadien. Gouvernement du Québec (25 mars 2025). Plan québécois des infrastructures 2025-2035 : le gouvernement du Québec se donne les moyens de réaliser ses engagements et de soutenir l’économie québécoise. https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/plan-quebecois-des-infrastructures-2025-2035-le-gouvernement-du-quebec-se-donne-les-moyens-de-realiser-ses-engagements-et-de-soutenir-leconomie-quebecoise-61815 Hydro-Québec (2 novembre 2023). Vers un Québec décarboné et prospère. Plan d’action 2035 d’Hydro-Québec. https://www.hydroquebec.com/data/a-propos/pdf/plan-action-2035.pdf Régie de l’énergie du Canada (20 août 2025). Aperçu du marché : Le rôle du Canada dans le développement de la technologie du petit réacteur modulaire. https://neb-one.gc.ca/fr/donnees-analyse/marches-energetiques/apercu-marches/2025/apercu-marche-le-role-du-canada-dans-le-developpement-de-la-technologie-du-petit-reacteur-modulaire.html Underground Infrastructure (Septembre 2025). Canada eyes new pipelines to boost energy security, cut U.S. reliance. https://undergroundinfrastructure.com/magazine/2025/september-2025-vol-80-no-9/features/canada-eyes-new-pipelines-to-boost-energy-security-cut-us-reliance Premier ministre du Canada (5 novembre 2025). Le premier ministre Carney présente le plan du Budget 2025 pour bâtir des communautés fortes. https://www.pm.gc.ca/fr/nouvelles/communiques/2025/11/05/premier-ministre-mark-carney-presente-plan-du-budget-2025-batir-des-communautes-fortes Gouvernement du Canada (14 septembre 2025). Le premier ministre Carney lance l’organisme Maisons Canada pour accélérer la construction résidentielle au pays. https://www.pm.gc.ca/fr/nouvelles/communiques/2025/09/14/premier-ministre-carney-lance-lorganisme-maisons-construction Bureau d’assurance du Canada (13 septembre 2024). Événement météorologique le plus coûteux de l’histoire du Québec : les inondations d’août causent près de 2,5 milliards de dollars de dommages assurés [PDF]. https://bac-quebec.qc.ca/media/kozngael/nr-2024-09-10-qc_flooding_estimates_sept4-24_v04_pb_fr.pdf Société canadienne d’hypothèques et de logement (23 juin 2023). Pénurie de logements au Canada – Mise à jour sur la quantité de logements nécessaire d’ici 2030. https://assets.cmhc-schl.gc.ca/sites/cmhc/professional/housing-markets-data-and-research/housing-research/research-reports/2023/housing-shortages-canada-updating-how-much-we-need-by-2030-fr.pdf Radio-Canada (4 novembre 2025). Budget fédéral : dépenses de taille, compressions humbles et un déficit qui se creuse. https://ici.radio-canada.ca/rci/fr/nouvelle/2205360/budget-federal-depenses-compressions-investissements-deficit-2025 Banque Royale du Canada (25 mars 2025). Budget du Québec 2025 : un déficit record et un retour conditionnel à l’équilibre dans un avenir lointain. https://www.rbc.com/fr/economique/analyse-pour-le-canada/previsions-provinciales-et-budgetaires/budgets-provinciaux-et-enonces-economiques/budget-du-quebec-2025-un-deficit-record-et-un-retour-conditionnel-a-lequilibre-dans-un-avenir-lointain/ Fonds immobilier de solidarité FTQ (2025). Qui nous sommes. https://www.fondsftq.com/fr-ca/entreprise/fonds-immobilier/qui-nous-sommes Business Economy (6 mars 2025). Pourquoi BlackRock investit massivement dans les infrastructures. https://www.businesseconomy.com/latest-news/why-blackrock-is-investing-heavily-in-infrastructure/

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  3. Impact Réel du Projet de Loi 5 sur l'Accélération des Projets Miniers au Québec

    Le projet de loi 51, Loi visant à accélérer l’octroi des autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaire et d’envergure nationale (« PL 5 »), déposé par le ministre des Finances Éric Girard, s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement visant à accélérer la réalisation de projets stratégiques au Québec. En s’inspirant de la loi fédérale C-52, ce projet de loi cherche à simplifier le parcours administratif des grands projets pour favoriser leur déploiement rapide. Les objectifs du PL5 : simplifier l’octroi des autorisations pour des projets stratégiques La volonté exprimée par le gouvernement est de dynamiser l’économie québécoise en accélérant le cheminement administratif de projets économiques et énergétiques stratégiques désignés par le gouvernement. Ces projets doivent : générer des retombées économiques majeures; créer des emplois; contribuer à la transition énergétique. Lors de son discours d’ouverture de la session parlementaire, le premier ministre François Legault a souligné la nécessité de raccourcir les délais et d’alléger les processus administratifs tout en maintenant des standards élevés. Les objectifs sont clairs, mais est-ce que le PL 5 permet réellement de les atteindre? Cadre et portée du PL 5 : vers une autorisation unique pour les projets d’envergure Le PL 5 permettra au gouvernement de modifier l’application de diverses lois pour accélérer les projets d’envergure nationale, sans pour autant contourner les processus d’évaluation environnementale et les droits des communautés autochtones. Il prévoit l’octroi d’une autorisation unique permettant la réalisation d’un projet ainsi que de toutes les activités nécessaires à sa réalisation. Dans le contexte d’un projet minier, cela signifie l’octroi des autorisations environnementales en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement (« LQE »)3 et de titres miniers en vertu de la Loi sur les mines4 ainsi que l’approbation d’une version préliminaire du plan de réaménagement et de restauration en vertu de celle-ci5 et de toute autre autorisation requise en vertu de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel6, de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune7, etc. Communautés autochtones Pourquoi le nord du Québec et la Baie-James sont-ils exclus? L’article 2 du PL 5 prévoit qu’il s’applique sous réserve de toute loi visant à mettre en œuvre la Convention de la Baie-James et du Nord québécois8 et ses modifications9 ainsi que la Convention du Nord-Est québécois. Ces Conventions sont notamment mises en œuvre par le titre II de la LQE, qui met en place des processus d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement et le milieu social impliquant la participation des communautés autochtones sur la base de ces Conventions. D’ailleurs, le titre II de la LQE fait partie de la liste des dispositions que le gouvernement ne peut ajouter à la liste des lois comprenant un processus d’autorisation susceptible d’être remplacé par l’autorisation accordée en vertu du PL 5. L’obligation constitutionnelle de consultation des communautés autochtones Enfin, le PL 5 prévoit qu’il s’interprète de manière compatible avec l’obligation de consulter les communautés autochtones et que celles-ci sont consultées de manière distincte lorsque les circonstances le requièrent.10 Considérant que la consultation des communautés autochtones est une obligation constitutionnelle du gouvernement, elle n’aurait pu, de toute manière, être écartée. En somme, l’accélération de l’octroi des autorisations en application du PL 5 ne devrait pas se faire au détriment des obligations de consultation des communautés autochtones dans le Québec méridional. Notons que, dans le cadre de l’évaluation d’une demande de désignation d’un projet, le gouvernement peut notamment considérer si le projet prend en compte les intérêts des communautés locales et autochtones.11 Ce facteur implique des travaux de consultation préalables par le promoteur du projet lui permettant de faire état des préoccupations et intérêts des communautés autochtones et d’une adaptation de son projet en fonction de ceux-ci. Dans les régions de la Baie-James et du Nord québécois, les projets miniers sont généralement visés par les procédures d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement et le milieu social prévues au titre II de la LQE et échappent complètement à l’application du PL 5. 12 Contradictions et défis du PL 5 Les défis du délai de mise en œuvre de deux ans Bien que le projet de loi soit présenté comme une « voie rapide » et non une voie de contournement, plusieurs enjeux subsistent pour le développement des projets miniers. Exclusion de projets miniers dans les régions de la Baie-James et du Nord québécois Le texte du PL 5 vise clairement les projets miniers. D’ailleurs, l’article 4 al.2 (1) mentionne, parmi les éléments qui peuvent être considérés pour la désignation d’un projet, le fait qu’il consoliderait l’autonomie et la résilience du Québec, notamment en matière de minéraux critiques et stratégiques. Or, le PL 5 ne s’applique pas aux projets encadrés par le Titre II de la LQE, c’est-à-dire ceux qui sont situés sur le territoire délimité par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, ce qui exclut par le fait même plusieurs projets miniers. Cette contradiction soulève des questions quant à l'efficacité globale de cette législation pour les projets miniers dont elle prétend souhaiter accélérer la réalisation. Maintien des exigences préalables à l’octroi d’une autorisation Le PL 5, par sa nature, vise les projets d’envergure, et son article 1 les décrit comme des projets prioritaires et d’envergure nationale. Or, ces projets d’envergure sont susceptibles d’être visés par la procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement ou, minimalement, par le régime des autorisations ministérielles de la LQE. Il importe de comprendre que, pour qu’une autorisation puisse être accordée en vertu du PL 5, toutes les étapes préalables à cette autorisation doivent être accomplies. L’article 10 du PL 5 énonce d’ailleurs que la demande d’autorisation doit « mentionner les permissions donnant au promoteur le droit de réaliser son projet […] et être accompagnée des renseignements et des documents requis ainsi que du paiement des droits et frais exigibles pour l’octroi de ces permissions ». Si le projet est visé par la procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement, cette procédure doit être suivie avant que l’autorisation en vertu du PL 5 ne puisse être accordée. La seule différence quant au processus suivi se trouve à l’article 30 du PL 5, qui énonce que, lorsque l’étude d’impact pour un projet désigné est jugée admissible, le ministre de l’Environnement confie un mandat d’audience publique au BAPE qui procède sans entreprendre de période d’information. Considérant les modifications récentes apportées à la LQE par la Loi modifiant diverses dispositions en matière d’environnement (aussi connue comme étant le PL 81), qui viseraient, selon les représentations faites par les représentants du MELCCFP, à faire passer la procédure d’évaluation et d’examen des impacts de 18 mois à 9 mois, nous nous questionnons sur l’apport réel du PL 5 à l’accélération du  cheminement administratif des projets déjà assujettis à la procédure d’évaluation et d’examen des impacts. Critère de mise en œuvre à court terme L’exigence de mise en œuvre à court terme (environ deux ans compte tenu de l’effet combiné des articles 4 al.2 (5) et 20 du PL 5) semble peu réaliste pour des projets d’envergure nécessitant des consultations et des évaluations approfondies. Dans le cas des projets miniers, il importe de noter que l’octroi d’une autorisation incluant un bail minier doit être précédé minimalement de l’approbation d’une version préliminaire du plan de réaménagement et de restauration et du versement d’une garantie financière provisoire. Malgré l’allègement que procure l’article 46 du PL 513, il demeure que la préparation, même d’une version préliminaire d’un tel plan, requiert du temps et la collaboration d’experts en la matière pour satisfaire aux attentes du MRNF. Réactions et perspectives Si l’idée d’une réduction des délais applicables à l’octroi des autorisations nécessaires à la réalisation de certains projets d’envergure et susceptible d’engendrer des retombées économiques majeures pour le Québec est séduisante, il appert toutefois qu’en matière de protection de l’environnement, le PL 5 contribue peu à la résolution d’un enjeu important, soit le temps requis pour la préparation des dossiers de demande d’autorisation, que ce soit dans le cadre de la préparation d’une demande d’autorisation ministérielle ou dans le contexte de la procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement. Ceci est d’autant plus vrai que ces processus nécessitent généralement la réalisation d’études supplémentaires selon les questions et demandes de précisions soulevées en cours d’analyse. Le PL 5 n’offre aucune solution à cet enjeu, qui, pourtant, est vraisemblablement le plus important en ce qui a trait au temps et à l’énergie que les promoteurs de projets doivent y consacrer. Conclusion : Un gain d’efficacité encore incertain pour les promoteurs Le projet de loi P-5 reflète les efforts du gouvernement pour accroître l’efficacité gouvernementale et soutenir la croissance économique. Il laisse toutefois sur leur faim les promoteurs de projets miniers en écartant d’emblée les projets qui se trouvent dans la région de la Baie-James et plus au nord et en ne s’attaquant pas aux délais applicables à la préparation des dossiers relatifs à l’évaluation et l’examen des impacts sur l’environnement ou des demandes d’autorisation. Quoi retenir Est-ce que le PL 5 permet d’éviter le BAPE? Non. Le processus du BAPE est maintenu pour les projets désignés, mais l’étape de la période d’information publique est supprimée pour passer directement à l’audience, ce qui réduit légèrement les délais. Quels projets miniers bénéficient le plus du PL 5? Principalement les projets qui concernent des minéraux critiques et stratégiques situés dans le Québec méridional, à condition que le promoteur puisse démontrer une mise en œuvre à court terme (environ 2 ans). Pourquoi le PL 5 ne s’applique-t-il pas aux territoires de la Baie-James et du Nord québécois? Parce que les processus d’évaluation environnementale et sociale distincts (Titre II, LQE) applicables sur ces territoires ont été établis par des Conventions que le PL 5 ne peut modifier unilatéralement.   Projet de loi n° 5, Loi visant à accélérer l’octroi des autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et d’envergure nationale : https://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-5-43-2.html Loi fédérale C-5 : https://www.parl.ca/documentviewer/fr/45-1/projet-loi/C-5/sanction-royal Loi sur la qualité de l’environnement : https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/pdf/lc/Q-2.pdf Loi sur les mines : https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/m-13.1 L’article 46 du PL 5 comprend un allègement quant au plan de réaménagement et de restauration en ce qu’il prévoit qu’une autorisation qui remplace un bail minier peut être accordée sans qu’un tel plan ait été approuvé dans la mesure où une version préliminaire de celui-ci a été approuvée par le ministre des Ressources naturelles et des Forêts et qu’une garantie financière provisoire a été versée. En somme, le travail relatif au plan de réaménagement et de restauration doit tout de même vraisemblablement être significativement avancé. Précisons que l’autorisation dans ce cas prévoit les délais dans lesquels le plan de réaménagement et de restauration doit être approuvé et la garantie financière doit être versée. Loi sur la conservation du patrimoine naturel : https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/c-61.01 Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune : https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/pdf/lc/C-61.1.pdf Convention de la Baie-James et du Nord-Est Québécois : https://www.canada.ca/fr/agence-evaluation-impact/organisation/convention-baie-james-et-nord-quebecois.html L’article 2 du PL 5 renvoie à l’article 1 de la Loi approuvant la Convention de la Baie-James et du Nord québécois qui énonce ce qui suit : « Dans la présente loi, à moins que le contexte n’indique un sens différent, on entend par l’expression «Convention» la Convention intervenue entre le Grand Council of the Crees (of Québec), la Northern Québec Inuit Association, le gouvernement du Canada, la Société d’énergie de la Baie James, la Société de développement de la Baie James, la Commission hydroélectrique du Québec et le gouvernement du Québec, en date du 11 novembre 1975, ainsi que la Convention modificative en date du 12 décembre 1975, déposées sur le bureau du secrétaire de l’Assemblée nationale, le 9 juin 1976, à titre de documents de la session portant les numéros 101 et 102 ». L’article 2 du PL 5 renvoie également à l’article 1 de la Loi approuvant la Convention du Nord-Est québécois qui énonce pour sa part : « Dans la présente loi, à moins que le contexte n’indique un sens différent, on entend par l’expression «Convention» la Convention du Nord-Est québécois intervenue entre la bande de Naskapis de Schefferville et ses membres, le gouvernement du Québec, la Société d’énergie de la Baie James, la Société de développement de la Baie James, la Commission hydroélectrique de Québec (Hydro-Québec), le Grand Council of the Crees (of Québec), la Northern Québec Inuit Association et le Gouvernement du Canada, datée du 31 janvier 1978 et déposée sur le bureau du secrétaire général de l’Assemblée nationale le 18 avril 1978, à titre de document de la session portant le numéro 113. » Article 3 du PL 5 Article 4 al.2 (3) PL 5 L’Annexe A de la LQE prévoit que « tout projet minier, y compris l’agrandissement, la transformation ou la modification d’une exploitation minière existante » sont obligatoirement assujettis à la procédure d’évaluation et d’examen prévue aux article 153 à 167 et 187 à 204 LQE. L’article 46 du PL 5 prévoit l’approbation d’une version préliminaire du plan de réaménagement et de restauration et le versement d’une garantie financière provisoire au lieu de la garantie financière établie en fonction de la version finale du plan de réaménagement et de restauration.

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  4. Construction publique : paiements rapides et règlement des litiges simplifié

    Le 30 juillet 2025, le Règlement sur les paiements et le règlement rapides des différends en matière de travaux de construction (ci-après le « Règlement ») a été publié dans la Gazette officielle du Québec. Depuis le 8 septembre 2025, le Règlement entre progressivement en vigueur1, en réponse aux demandes de divers acteurs de l’industrie. Le Règlement s’applique à la majorité des contrats de construction conclus avec des organismes publics visés par la Loi sur les contrats des organismes publics (chapitre C-65.1, r. 8.01) (ci-après la « LCOP »). Dans l’ensemble, le Règlement vise, d’une part, à remédier aux retards de paiement chroniques dans le secteur de la construction, en établissant des normes contraignantes pour accélérer le processus de paiement des entrepreneurs et des sous-traitants engagés dans des contrats publics visés par la LCOP. D’autre part, il instaure un processus de règlement rapide des différends. Ce faisant, le Règlement complète la Loi visant principalement à promouvoir l’achat québécois et responsable par les organismes publics, à renforcer le régime d’intégrité des entreprises et à accroître les pouvoirs de l’Autorité des marchés publics2. Nous résumons ci-dessous quelques dispositions phares du Règlement. Cas d’application et exclusions Le Règlement s’applique à l’ensemble des contrats et sous-contrats de construction publics assujettis à la LCOP, sous réserve des exceptions suivantes3 : ceux qui sont conclus en situation d’urgence en raison du fait que la sécurité des personnes ou des biens est en cause; ceux qui sont conclus pour les activités à l’étranger d’une délégation générale, d’une délégation ou d’une autre organisation permettant la représentation du Québec à l’étranger; toute réclamation monétaire destinée à compenser la perte de profits, de productivité ou d’une occasion d’affaires qu’un entrepreneur estime avoir subie en raison d’un changement relatif à la portée des travaux prévus au contrat ou aux conditions d’exécution. Délais et calendrier imposés par le Règlement Le Règlement instaure un calendrier rigide encadrant les demandes de paiement, les refus de paiement et les paiements : Demande de paiement4 Transmise par l’entrepreneur général à l’organisme public : 1er jour du mois Transmise par le sous-traitant à l’entrepreneur général : 25e jour du mois Refus de paiement5 Transmis par l’entrepreneur général au sous-traitant : 21e jour du mois Transmis par l’organisme public à l’entrepreneur général : Dernier jour du mois Délai pour payer (s’il y a lieu)6 De l’organisme public à l’entrepreneur général : Dernier jour du mois De l’entrepreneur général au sous-traitant : 5e jour du 2e mois Du sous-traitant à un autre sous-traitant : 10e jour du 2e mois Si la chaîne contractuelle comporte plus de deux niveaux de sous-traitance, un délai de cinq jours s’additionne à chaque niveau. Ces dates butoirs visent à garantir une certaine uniformité et prévisibilité dans le processus de paiement. Il est possible pour les parties de modifier leurs demandes après l’envoi7. Demande de paiement La demande de paiement doit être écrite et contenir les renseignements suivants: le nom et l’adresse de l’entrepreneur ainsi que les coordonnées de son représentant; le numéro du contrat public; la description détaillée des travaux effectués, des dépenses engagées et de tout autre élément pour lequel des sommes d’argent sont réclamées; les périodes associées aux éléments réclamés; la ventilation du montant total réclamé8. Si l’organisme public exige la présentation de documents joints à une demande de paiement d’un entrepreneur partie au contrat, il doit inclure cette condition au contrat et spécifier les documents requis. Le même principe s’applique au sous-contrat entre les entrepreneurs et leurs sous-traitants9. Fait important, l’organisme public peut permettre à l’entrepreneur de modifier la demande de paiement afin de corriger tout défaut de validité, sous réserve de la date de transmission. Si aucun défaut de validité n’est communiqué à l’entrepreneur avant l’échéance pour manifester un refus de paiement, la demande de paiement sera dès lors réputée valide10. Refus de paiement Le refus de paiement doit prendre la forme d’un avis écrit comportant les renseignements suivants : la partie refusée du montant total réclamé; la description des travaux, des dépenses ou des éléments de la demande de paiement visés par le refus; les motifs du refus ainsi que les dispositions contractuelles ou légales sur lesquelles ils se fondent11. Le refus d’une demande de paiement ne peut être fondé sur le seul fait que les travaux effectués résultent d’un changement au contrat et qu’au moment où la demande de paiement a été transmise, la valeur du changement n’a pas été convenue ou déterminée12. Paiements et retenues Dans certaines circonstances, l’organisme public peut retenir sur toute somme réclamée par l’entrepreneur : Une somme suffisante pour satisfaire aux réserves faites quant aux vices ou aux malfaçons apparents de l’ouvrage13; Une somme suffisante pour réparer tout dommage causé par l’entrepreneur général ou par un sous-traitant à l’ouvrage14; Toute somme antérieurement payée à l’entrepreneur général pour des travaux réalisés par l’un de ses sous-traitants afin de s’assurer que les créances de ce dernier soient acquittées par l’entrepreneur général ou pour permettre à l’organisme public d’acquitter lui-même ces créances. Ce droit de retenue existe, et ce, peu importe si le sous-traitant est en droit ou non de se prévaloir d’une hypothèque légale de la construction15; Une somme suffisante pour acquitter les créances des personnes, autres que les sous-traitants de l’entrepreneur, qui peuvent faire valoir une hypothèque légale de la construction sur l’ouvrage et qui ont dénoncé leur contrat avec l’entrepreneur, pour les travaux faits ou les matériaux ou services fournis après cette dénonciation16; Jusqu’à 10 % de la somme due pour garantir l’exécution du contrat, à condition que cette possibilité et ses modalités soient prévues au contrat. L’entrepreneur général peut à son tour retenir des montants auprès de ses sous-traitants, à condition qu’une convention écrite le permette et que la retenue n’excède pas la retenue appliquée à l’entrepreneur par l’organisme public. Chaque niveau de sous-traitance peut se prévaloir de ce droit, avec les adaptations nécessaires17; L’entièreté des sommes payables à l’entrepreneur si ce dernier n’a pas fourni l’ensemble des documents de fin de chantier, incluant l’attestation émise par la CNESST en vertu de la loi ainsi que les quittances finales des sous-traitants18. Sauf pour les deux derniers cas, l’entrepreneur général peut offrir à l’organisme public une sûreté suffisante en lieu et place de la retenue, telle que, par exemple, un cautionnement ou une lettre de garantie bancaire suffisante. À son tour, l’entrepreneur général peut déduire d’un paiement dû à l’un de ses sous-traitants un montant équivalent à la somme que ce sous-traitant lui a réclamé pour des travaux lorsque ces travaux ont fait l’objet d’un avis de refus émis par un autre débiteur de la chaîne contractuelle. Pour s’en prévaloir, l’entrepreneur doit avoir préalablement transmis à son sous-traitant une copie de l’avis de refus sur lequel il s’appuie19. Les sous-traitants doivent, quant à eux, transmettre l’avis de déduction à leur propre sous-traitant, s’il y a lieu, dans les deux jours suivant la réception de l’avis20. Dans tous les cas, le Règlement prévoit les modalités permettant la libération des retenues appliquées lorsque les conditions de libération sont satisfaites. Règlement rapide des différends Le Règlement introduit un mécanisme de règlement des différends visés, permettant aux parties de recourir à un tiers décideur après avoir tenté de résoudre le conflit à l’amiable21. Ce processus, amorcé par une « demande d’intervention », se veut rapide, les décisions devant être rendues dans un délai de 50 jours de la désignation du tiers décideur22. Plus particulièrement, ce mécanisme prévoit les étapes et délais suivants : Étapes Délai imparti Demande d’intervention 90 jours suivant la date de l’acceptation des travaux ou de la fin des travaux* Réponse du cocontractant 5 jours Désignation du tiers décideur 5 jours Exposé détaillé du demandeur 5 jours Exposé détaillé du cocontractant 15 jours Décision du décideur 50 jours à compter de sa désignation (délai pouvant être prolongé pour une période maximale de 15 jours) Paiement, s’il y a lieu 20 jours suivant la décision rendue *    Dans le cas d’un contrat entre l’entrepreneur général et l’organisme public, la demande d’intervention doit être notifiée au cocontractant dans un délai d’au plus 90 jours suivant la date de l’acceptation sans réserve de l’ouvrage ou, à défaut, la date à laquelle l’organisme public se déclare satisfait des réparations ou des corrections apportées à l’ouvrage. Dans le cas d’un contrat de sous-traitance, la demande d’intervention doit être notifiée dans les 90 jours suivant la date de la fin des travaux convenue entre les parties23. De plus, le Règlement prévoit entre autres ce qui suit : Un différend, une demande d’intervention – Quoiqu’une demande d’intervention ne peut porter que sur un seul différend, une partie ne peut scinder les éléments constitutifs du différend dans le but de multiplier les demandes d’intervention, ni autrement agir de façon à abuser du droit de recours au tiers décideur. Choix du tiers décideur – Seules les personnes dont le nom est inscrit au registre tenu par le ministre de la Justice en vertu du Règlement peuvent agir comme tiers décideur. Il appartient à la partie qui propose un tiers décideur de préalablement s’assurer de sa disponibilité. En cas de désaccord, les parties procèdent par tirage au sort. Procédure – Sous réserve du respect de l’équité et de la proportionnalité, le tiers décideur mène l’intervention suivant la procédure qu’il détermine. De plus, à moins de décision contraire du tiers décideur, la procédure se déroule oralement, alors que les témoignages se font par écrit. Sans avocat – Les parties ne peuvent être représentées par avocat lors de ce processus, quoiqu’un avocat peut les conseiller. Confidentialité – L’ensemble de l’intervention demeure confidentiel, sous réserve d’une entente entre les parties ou d’obligations légales. Honoraires du tiers décideur – En règle générale, les honoraires du tiers décideur sont répartis également entre les parties (50-50), quoique le tiers décideur peut déroger à cette répartition s’il juge que les agissements d’une partie dans le déroulement de l’intervention ont été préjudiciables, notamment en raison d’une conduite abusive ou du défaut de respecter les délais imposés. Les honoraires du tiers décideur sont plafonnés en fonction de la valeur du différend. Conclusion Ce nouveau régime obligatoire impose dorénavant, dans les cas couverts, un processus de paiement rapide et permet d’accélérer le règlement des différends survenant au cours de l’exécution de la majorité des contrats publics de la construction. Il aura d’importantes répercussions, tant sur les pratiques des entrepreneurs et des sous-traitants que sur celles des organismes publics. L’imposition des délais restreints imposés par le Règlement pourrait exiger des entrepreneurs et des sous-traitants une optimisation des processus internes afin de mieux traiter les demandes de paiement et de documenter adéquatement les réclamations potentielles. Bien que le Règlement vise à simplifier et accélérer les paiements, certains entrepreneurs et sous-traitants pourraient avoir de la difficulté à respecter les délais imposés, notamment dans le cadre de projets d’envergure auxquels participent de nombreux intervenants, les délais étant susceptibles de se répercuter d’un niveau de sous-traitance à l’autre. Le succès de ce système dépendra de la capacité des parties à s’adapter rapidement aux nouvelles exigences et à utiliser efficacement le recours au tiers décideur pour résoudre les différends. Pour toute question ou conseil, n’hésitez pas à contacter un membre de notre équipe spécialisée en droit de la construction chez Lavery. Article 94 du Règlement. L.Q., 2022, c. 18. Articles 32 et 33 du Règlement. Article 5 du Règlement. Article 10 du Règlement. Article 15 du Règlement. Articles 7 et 8 du Règlement. Article 5 du Règlement. Article 6 al. 1 du Règlement. Article 6 du Règlement. Article 11 du Règlement. Article 12 al. 1 du Règlement. Article 22 du Règlement. Article 23 du Règlement. Article 25 du Règlement. Article 26 du Règlement. Article 20 du Règlement. Article 28 du Règlement. Article 16 du Règlement. Article 16 du Règlement. Articles 34 à 76 du Règlement. Article 63 du Règlement. Article 34 du Règlement.

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  1. Au-delà du code : l’alimentation en énergie de l’IA; est-ce l’heure du Canada ?

    L’essor de l’intelligence artificielle (IA) ne se limite plus aux algorithmes, aux données et aux logiciels. Autrefois confinée à l’esprit des informaticiens, l’IA dépend désormais d’une infrastructure physique massive : une production d’électricité accrue, des réseaux de transport et de distribution résilients, des centres de données hautement performants, soutenus par des semi-conducteurs de pointe, des minéraux critiques et des chaînes d’approvisionnement mondiales complexes. À mesure que l’IA pénètre tous les secteurs, de la défense1 à la finance2, elle stimule une demande croissante en énergie constante, abordable et à faible émission de carbone; en fabrication de matériel de pointe; ainsi qu’en construction et en modernisation d’infrastructures numériques. Cette évolution pose des défis importants, mais crée aussi des opportunités, en particulier pour les pays riches en ressources comme le Canada. Cet article décrit d’abord les besoins en infrastructure de l’IA, avant d’examiner comment le Canada peut se positionner comme acteur clé en tirant parti de ses ressources énergétiques et minérales critiques, tout en soulignant des lacunes cruciales de la stratégie actuelle. Infrastructures nécessaires à l’IA Le besoin d’une énergie constante La demande en électricité, stimulée par l’expansion des centres de données et des applications d’IA, est en forte hausse. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les centres de données ont consommé environ 415 térawattheures (TWh) en 2024, soit environ 1,5 % de la consommation mondiale d’électricité. Ce chiffre pourrait plus que doubler d’ici 20303, atteignant ainsi 945 TWh, l’IA étant le principal moteur de cette croissance. Dans certaines économies, les centres de données pourraient représenter plus de 20 % de la croissance de la demande d’électricité d’ici 2030, tandis qu’aux États-Unis, la demande pourrait être multipliée par plus de trente d’ici 2035, passant de 4 gigawatts en 2024 à 123 gigawatts4. Cette demande croissante exige de nouvelles capacités de production. La construction de centrales d’énergie renouvelable, nucléaires ou au gaz pose d’importants défis réglementaires, environnementaux et logistiques. Les énergies renouvelables sont soumises à des contraintes d’utilisation des sols, et l’intermittence de la production éolienne et solaire est incompatible avec les besoins en énergie constante de l’IA. Le nucléaire fait appel à des coûts initiaux élevés, à des exigences en matière d’autorisation et de sécurité, ainsi qu’à de longs délais de mise en œuvre. Plusieurs projets récents liés aux centres de données et aux infrastructures d’IA, dont ceux menés par xAI5, Oracle6 et Meta7, se sont tournés vers la production d’électricité à partir du gaz naturel, en raison de sa rapidité de déploiement et de sa capacité à contourner les retards liés à l’interconnexion des réseaux. L’AIE souligne que l’accélération du déploiement de la production d’énergie propre est indispensable pour répondre à la demande induite par l’IA tout en respectant nos engagements climatiques. Dans la pratique, les pays doivent trouver un équilibre entre l’urgence d’augmenter leur production d’énergie et les objectifs de décarbonation, ce qui représente un défi politique de plus en plus complexe. La stabilité et l’extensibilité de l’infrastructure IA dépendent également de la modernisation du réseau électrique et de l’implantation stratégique des centres de données. L’AIE souligne que « [TRADUCTION] se concentrer uniquement sur l’augmentation de la production d’électricité ne suffira pas [...] les pays doivent également réfléchir à leurs infrastructures ». Deloitte note de même que « les ambitions du gouvernement et de l’industrie [américains] en matière d’IA se heurtent à la capacité du réseau à alimenter ou même à interconnecter les centres de données, étant donné qu’il faut attendre actuellement sept ans pour certaines demandes de connexion au réseau ». Besoins matériels pour l’infrastructure IA Au-delà de l’énergie, l’IA repose sur un large éventail de matériaux, que ce soit pour construire les centres de données (béton, acier, cuivre, systèmes de refroidissement) ou pour les équiper (semi-conducteurs et puces spécialisées, câblage, terres rares et métaux de haute pureté). Tel qu’ en avertit l’AIE, la croissance de l’IA exercera une pression supplémentaire sur les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, en particulier pour le cuivre et l’aluminium8, mais aussi pour le nickel, le gallium et le silicium. Cette pression n’est pas propre à l’IA : la transition mondiale vers l’électrification alimente déjà une concurrence intense pour les mêmes ressources rares. Le rapport de l’AIE Global Critical Minerals Outlook 20259 prévoit que la demande en cuivre, en lithium et en nickel pourrait doubler, voire tripler d’ici 2030, tandis que l’offre reste concentrée dans quelques régions et vulnérable aux chocs géopolitiques. En bref, l’IA repose sur une infrastructure physique lourde, soutenue par une base minérale limitée et sensible sur le plan géopolitique. Le chevauchement croissant entre l’IA et la transition énergétique au sens large souligne un point essentiel : la durabilité et l’extensibilité de l’IA dépendent autant de la gestion des ressources et de la politique industrielle que de l’innovation. Le Canada, un acteur clé potentiel Énergie : développement nucléaire et ambitions d’Hydro-Québec Le Canada est un important producteur d’énergie, ayant généré environ 639 TWh d’électricité en 2022, dont environ 70 % proviennent de sources renouvelables10. Ce point de départ confère au Canada un avantage comparatif pour alimenter en énergie les infrastructures numériques à forte consommation d’énergie, telles que les centres de données d’IA. Fort de ces acquis, le Canada développe actuellement sa capacité nucléaire. En 2023, Ontario Power Generation a annoncé son intention de construire jusqu’à quatre petits réacteurs modulaires (PRM) sur son site de Darlington, pour une puissance totale d’environ 1 200 mégawatts (MW) d’électricité propre11. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre d’un effort national visant à déployer une technologie nucléaire de nouvelle génération12 qui fournira une énergie de base stable et à faible teneur en carbone pouvant soutenir l’électrification industrielle et la croissance des infrastructures d’IA. Parallèlement, au Québec, Hydro-Québec investit massivement dans la modernisation et l’expansion de ses capacités renouvelables. Son Plan d’action 2035 prévoit d’investir entre 90 et 110 milliards de dollars pour ajouter 8 000 à 9 000 MW de nouvelle capacité d’ici 2035, principalement grâce à l’hydroélectricité et à l’éolien. Le plan prévoit également la construction d’environ 5 000 km de lignes de transport à haute tension pour relier les nouvelles installations de production et améliorer la fiabilité du réseau dans toute la province13. Le climat froid du Canada offre un avantage opérationnel : les centres de données peuvent réduire considérablement leurs coûts de refroidissement en utilisant des techniques de refroidissement naturel. Par exemple, un centre de données de Winnipeg tire parti de l’air ambiant hivernal pour réduire sa consommation d’énergie et ses coûts14. Ce climat froid, associé à la capacité hydroélectrique et nucléaire du pays et à ses réserves de minéraux critiques nécessaires à la construction d’infrastructures d’IA, offre au Canada de solides perspectives d’investissement dans le domaine de l’IA. Les lacunes de la stratégie canadienne Le Canada a été le premier pays du G7 à lancer une stratégie nationale en matière d’IA en 2017 : la Stratégie pancanadienne en matière d’intelligence artificielle. Cette stratégie vise à positionner le Canada comme leader mondial dans le domaine de l’IA en favorisant l’excellence en recherche, en développant les talents et en encourageant la commercialisation. Cependant, elle met fortement l’accent sur le leadership intellectuel et les principes politiques, avec des mesures limitées pour répondre aux exigences physiques du déploiement de l’IA à grande échelle, notamment la capacité des centres de données, l’infrastructure numérique et l’intégration énergétique15. S’appuyant sur ce cadre, le gouvernement fédéral a annoncé la création du Groupe de travail sur la stratégie en matière d’intelligence artificielle le 26 septembre 202516. Cette initiative portera sur la sécurité de l’IA, la confiance du public et les infrastructures. Le groupe de travail, composé d’experts issus du monde universitaire, de l’industrie et de la société civile, formulera des recommandations. Néanmoins, les détails sur les mesures spécifiques restent limités. L’un des principaux défis structurels réside dans la faible coordination entre les autorités fédérales, provinciales et locales, ainsi qu’avec les parties prenantes autochtones et communautaires17. Si le gouvernement fédéral fixe des objectifs ambitieux en matière d’IA, de transition énergétique et de souveraineté numérique, la mise en œuvre dépend de la compétence provinciale en matière d’énergie, d’aménagement du territoire et de planification industrielle. Cette gouvernance fragmentée entraîne des priorités incohérentes et des retards. Le centre de données Wonder Valley, dans le nord de l’Alberta, annoncé comme un projet de 70 milliards de dollars américains visant à construire l’un des plus grands centres informatiques d’IA au monde, illustre ces tensions18. Malgré le soutien du gouvernement provincial, le projet a rencontré une forte opposition de la part de la bande de la nation des Cris du lac Sturgeon, qui invoquait une consultation préalable insuffisante et des préoccupations environnementales et relatives aux droits issus de traités. Cette controverse témoigne d’un problème plus important d’acceptabilité sociale, un obstacle récurrent aux projets industriels et d’infrastructures numériques à grande échelle partout au Canada. Le chevauchement des réglementations et les retards dans la délivrance des permis entravent considérablement la capacité du Canada à développer des infrastructures à grande échelle. Le Conseil canadien des affaires décrit le système de délivrance de permis pour les grands projets comme « trop complexe, trop long et constituant un obstacle majeur à l’attraction des investissements »,19 soulignant que les projets peuvent faire l’objet de processus d’approbations qui s’étalent sur des décennies avant que la construction ne commence. Ce labyrinthe de règles fédérales et provinciales fait peser une incertitude et entraîne une augmentation des coûts, ce qui est particulièrement problématique pour les secteurs à forte intensité de capital et en évolution rapide, tels que les infrastructures d’IA. Au Québec, deux défis stratégiques sont en évidence. Premièrement, la province réserve depuis longtemps d'importants blocs de capacité électrique aux industries traditionnelles à forte consommation d'énergie, en particulier les activités métallurgiques et minières, tout en accordant une priorité moindre aux centres de données. Hydro-Québec a explicitement déclaré en 2022 qu'elle « ne travaille aucunement à l'attraction de centres de données », reflétant ainsi son hésitation à consacrer des ressources énergétiques limitées à des secteurs perçus comme offrant peu d'emplois ou de valeur ajoutée locale. Cette approche prudente a fait en sorte que de nombreux projets, notamment des initiatives majeures de Google à Beauharnois, ont dû attendre des années avant d'être approuvés ou raccordés au réseau. La position de la province privilégie la diversification industrielle à long terme et la fabrication basée sur les ressources plutôt que l'expansion rapide des infrastructures numériques20. Deuxièmement, le Plan d'action 2035 du Québec met l'accent sur l'énergie éolienne et solaire comme compléments à l'hydroélectricité, mais leur intermittence s’accorde mal avec l'alimentation électrique continue requise par les centres de données d’IA. Si cette politique s'inscrit dans les objectifs de décarbonation, elle risque de rendre le Québec moins attrayant pour les opérateurs de centres de données à très grande échelle, dont beaucoup privilégient désormais les régions disposant d'une production de base stable à partir du nucléaire ou du gaz naturel, comme l'Ontario ou certains États américains. Pris ensemble, ces défis révèlent un écart structurel entre l'ambition du Canada de devenir un leader en matière d'IA et sa capacité à fournir les fondements physiques et réglementaires nécessaires pour la soutenir. Un partenariat récent entre le gouvernement américain, Westinghouse Electric Company, Brookfield Asset Management et Cameco Corporation visant à déployer au moins 80 milliards de dollars américains dans de nouvelles capacités nucléaires explicitement liées aux centres de données et aux calculs d'IA montre que la course mondiale pour construire l'infrastructure physique de l'IA est déjà lancée21. Conclusion L’émergence de l’IA marque une profonde transformation de l’économie mondiale, aussi matérielle et infrastructurelle que numérique et cognitive. Les centres de données, les systèmes énergétiques et les chaînes d’approvisionnement en minéraux essentiels sont devenus les véritables artères de l’ère de l’IA. Ainsi, les pays qui réussiront dans cette nouvelle ère ne seront pas ceux qui se contenteront d’être les pionniers des algorithmes, mais ceux qui pourront sécuriser, développer et maintenir les fondements physiques de l’intelligence elle-même. Pour le Canada, le progrès dépend de sa capacité à combler le fossé entre son excellence en matière de recherche et ses capacités industrielles. Avec ses ressources abondantes en énergie propre, ses minéraux critiques et son solide écosystème technologique, le Canada dispose des ingrédients nécessaires pour devenir un champion des infrastructures d’IA durables. Cependant, sans une coordination cohérente et à long terme entre les niveaux fédéral et provincial et sans un environnement réglementaire rationalisé, il risque de rester en marge de la prochaine révolution technologique. Original article: https://emagazine.renewcanada.net/?pid=ODk8923274&v=3.10&p=31 Ministère des Armées et des Anciens combattants (2025). Comprendre l’IA de défense. https://www.defense.gouv.fr/actualites/comprendre-lia-defense. KPMG (2025). L’IA dans la fonction finance. https://kpmg.com/ca/fr/home/insights/2025/01/ai-in-finance.html Agence internationale de l'énergie (2025). Energy and AI. https://www.iea.org/reports/energy-and-ai Deloitte (2025). Can US infrastructure keep up with the AI economy? https://www.deloitte.com/us/en/insights/industry/power-and-utilities/data-center-infrastructure-artificial-intelligence.html Data Centers Going Off-Grid With Natural Gas to ‘Find Any Way to Get Power’ https://www.naturalgasintel.com/news/data-centers-going-off-grid-with-natural-gas-to-find-any-way-to-get-power/ 'Go Where The Gas Is': Data Centers Follow Fracking In Search For Power https://www.bisnow.com/national/news/data-center-power/go-where-the-gas-is-data-centers-follow-the-fracking-in-search-for-power-131552 Ibid. Se reporter à la note 3. Agence internationale de l'énergie (2025). Global Critical Minerals Outlook 2025. https://www.iea.org/reports/global-critical-minerals-outlook-2025 Gouvernement du Canada (2025). Cahier d'information sur l'énergie, 2025-2026 : Énergie propre et carburants faible [sic] en carbone. https://information-energie.canada.ca/fr/faits-saillants-energie/energie-propre-carburants-faible-carbone Gouvernement de l’Ontario (2023). L’Ontario construit d’autres petits réacteurs modulaires pour alimenter sa croissance. https://news.ontario.ca/fr/release/1003248/lontario-construit-dautres-petits-reacteurs-modulaires-pour-alimenter-sa-croissance Gouvernement du Canada (2024). Plan d'action canadien pour les petits réacteurs modulaires. https://ressources-naturelles.canada.ca/source-energie/energie-nucleaire-uranium/plan-action-canadien-petits-reacteurs-modulaires Gouvernement du Québec (2023). Vers un Québec décarboné et prospère, Plan d’action 2025. https://www.hydroquebec.com/data/a-propos/pdf/plan-action-2035.pdf Economic Development Winnipeg. (sans date). Winnipeg’s cold climate means big savings for MTS Data Centres’ clients. https://www.winnipegedt.com/newsroom/read,post/596/winnipeg-s-cold-climate-means-big-savings-for-mts-data-centres-clients?dismiss=day Gouvernement du Canada (2025). Stratégie pancanadienne en matière d'intelligence artificielle. https://ised-isde.canada.ca/site/strategie-ia/fr Gouvernement du Canada (2025). Le gouvernement du Canada lance le Groupe de travail sur la stratégie en matière d’intelligence artificielle et une consultation publique en vue de l’élaboration de la prochaine stratégie canadienne en matière d’IA. https://www.canada.ca/fr/innovation-sciences-developpement-economique/nouvelles/2025/09/le-gouvernement-du-canada-lance-le-groupe-de-travail-sur-la-strategie-en-matiere-dintelligence-artificielle-et-une-consultation-publique-en-vue-de-.html The Dais (2024). From Potential to Performance: Roundtable Report on Canada’s Investment in AI Compute Infrastructure. https://dais.ca/wp-content/uploads/2024/10/AI-Roundtable-Summary-Report_V4.pdf E. Rubayita (2025). Alberta First Nation voices 'grave concern' over Kevin O'Leary's proposed $70B AI data centre. CBC. https://www.cbc.ca/news/canada/edmonton/alberta-first-nation-voices-grave-concern-over-kevin-o-leary-s-proposed-70b-ai-data-centre-1.7431550 Conseil canadien des affaires (2025). Étouffé par la bureaucratie. https://www.thebusinesscouncil.ca/fr/rapport/etouffe-par-la-bureaucratie/ L. Arbour et S. Mayer (2025). Les centres de données au Québec. Bibliothèque de l’Assemblée Nationale. https://premierelecture.bibliotheque.assnat.qc.ca/2025/02/10/les-centres-de-donnees-au-quebec/ Brookfield (2025). United States Government, Brookfield and Cameco Announce Transformational Partnership to Deliver Long-term Value Using Westinghouse Nuclear Reactor Technology. https://bam.brookfield.com/press-releases/united-states-government-brookfield-and-cameco-announce-transformational-partnership

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  2. Projet Alto et modes collaboratifs : 10 apprentissages clés pour l’industrie des infrastructures

    Retour sur un panel réunissant Alto, CDPQ Infra et Lavery au Grand Forum du Conseil des Infrastructures Le 26 novembre 2025, des leaders de l’industrie des infrastructures se sont réunis pour un panel consacré à la gestion collaborative des projets d’infrastructure, avec un focus sur le Projet Alto, le futur train à grande vitesse qui transformera les déplacements interurbains au Canada. Animée par David Tournier, associé chez Lavery, la discussion mettait en vedette : Sophie Lussier, Première vice-présidente et cheffe, services d’entreprise, performance organisationnelle et secrétariat, CDPQ Infra Félix Turgeon, Chef de la direction des Affaires juridiques, Alto Ensemble, ils ont partagé leur expérience d’un partenariat innovant entre le secteur public et le secteur privé, ainsi que des enseignements applicables à l’ensemble de l’industrie. 10 éléments à retenir du Projet Alto et des modes collaboratifs 1-   Un projet d’une ampleur inédite au Canada Premier train à grande vitesse du pays, Alto exige la mobilisation simultanée d’expertises publiques et privées dès les premières étapes. 2-   Un modèle collaboratif choisi pour créer davantage de valeur Il combine l’innovation et l’efficacité du secteur privé avec la vision, la gouvernance et la responsabilité du secteur public. 3-   Une gestion des risques proactive et structurée Les risques sont identifiés et répartis dès le départ selon l’expertise de chaque partenaire, un changement majeur vis-à-vis des modes traditionnels. 4-   Une gouvernance intégrée favorisant des décisions rapides et cohérentes Comités conjoints, groupes de travail intégrés et mécanismes de coordination continue permettent de maintenir l’alignement stratégique. 5-   Des objectifs publics forts et assumés Le projet vise à : augmenter la fréquentation, améliorer l’expérience voyageur, réduire l’empreinte environnementale, améliorer l’accessibilité, renforcer la sécurité, minimiser les coûts pour les contribuables, contribuer à la réconciliation avec les peuples autochtones. 6-   Un projet reconnu comme « transformateur » pour l’avenir du pays Le gouvernement souhaite en accélérer la réalisation, sans compromis sur les processus réglementaires et les consultations. 7-   Une forte mobilisation des communautés et parties prenantes La planification et la définition du corridor reposent sur une écoute active des municipalités, communautés autochtones et citoyens concernés. 8-   Un partenaire privé engagé sur le long terme Cadence participe non seulement à la conception et à la construction, mais aussi à l’exploitation et à l’entretien du futur réseau, alignant ses incitatifs sur la performance durable. 9-   Une culture de collaboration entretenue activement Rencontres générales, infolettres internes, Académies Alto, équipe co-localisée : une collaboration soutenue au quotidien pour maintenir le momentum. 10-   Un alignement croissant avec les tendances internationales et les pratiques innovantes La combinaison du PL62, de l’expérience Alto–Cadence et des exemples internationaux démontre que les modes collaboratifs deviennent un levier incontournable pour la réussite des grands projets au Québec et au Canada. Bilan du panel Le panel a permis de mettre en lumière la façon dont les modes collaboratifs redéfinissent la réalisation des projets d’infrastructure les plus complexes. Les panélistes ont expliqué comment cette approche, fondée sur l’intégration précoce des acteurs clés, la transparence et le partage structuré des risques, s’avère essentielle pour livrer un projet d’une telle ampleur. Les échanges ont illustré : la gouvernance intégrée instaurée entre Alto et Cadence, une dynamique basée sur la transparence et la résolution rapide des enjeux, l’apport stratégique d’une implication précoce du partenaire privé, et l’importance centrale de la consultation et de l’acceptabilité sociale pour un projet transformateur. Rappel sur les modes collaboratifs Avant d’aborder le cas Alto, le panel a fait un bref survol de ce que sont les modes collaboratifs en matière d’infrastructure. Contrairement au modèle traditionnel où le client conçoit et l’entrepreneur construit, les modes collaboratifs reposent sur une approche intégrée où le maître d’ouvrage, les concepteurs et les entrepreneurs travaillent ensemble plus tôt dans le cycle de vie du projet, avec : une gouvernance conjointe et des décisions partagées; une gestion intégrée des risques; une comptabilité à livre ouvert pour déterminer ensemble un coût cible; des mécanismes de partage des économies et des dépassements; une culture de non-réclamation et de résolution interne des enjeux. Ces modèles permettent une coopération et une transparence accrue, pour un meilleur équilibrage des risques, permettant une réduction des réclamations, ce qui aide au respect des échéanciers et, ultimement, à une meilleure performance globale des projets. Au Québec, ce mouvement est renforcé par le projet de loi 62, adopté en 2024, qui introduit de nouveaux « contrats de partenariat » facilitant l’implication précoce des contractants et le déploiement de mécanismes collaboratifs par les organismes publics. À l’international, plusieurs projets d’envergure, Union Station (Toronto), Terminal 5 (Heathrow), le pont Waaban (Kingston), démontrent que lorsque gouvernance, culture et mécanismes contractuels sont alignés, la collaboration devient un puissant levier de performance, particulièrement dans le contexte de projets atypiques. C’est précisément dans ce cadre que s’inscrit le Projet Alto, qui commence par une phase de co-développement de 5 ans avant le lancement de la construction. Conclusion Le Panel Alto a confirmé une chose : pour transformer l’industrie des infrastructures, il faut transformer la façon de collaborer. Le partenariat Alto–Cadence illustre comment une gouvernance intégrée, un partage structuré des risques et une culture axée sur la coopération permettent de mieux gérer la complexité et d’offrir une valeur durable aux citoyens.

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  3. Cinq associés reconnus comme des chefs de file au Canada pour leur expertise en droit des Infrastructures selon Lexpert

    Le 30 avril 2025, Lexpert a reconnu l'expertise de quatre associés dans son édition 2025 de Lexpert Special Edition: Infrastructure. Jean-Sébastien Desroches, Nicolas Gagnon, Édith Jacques, Marc-André Landry et André Vautour figurent ainsi parmi les chefs de file au Canada pour accompagner les acteurs de l'économie de l'industrie de l'infrastructure. Jean-Sébastien Desroches œuvre en droit des affaires, principalement dans le domaine des fusions et acquisitions, des infrastructures, des énergies renouvelables et du développement de projets, ainsi que des partenariats stratégiques. Il a eu l’opportunité de piloter plusieurs transactions d'envergure, d’opérations juridiques complexes, de transactions transfrontalières, de réorganisations et d’investissements au Canada et sur la scène internationale pour des clients canadiens, américains et européens, des sociétés internationales et des clients institutionnels, œuvrant notamment dans les domaines manufacturiers, des transports, pharmaceutiques, financiers et des énergies renouvelables. Nicolas Gagnon concentre sa pratique en droit de la construction et du cautionnement. Il conseille des entrepreneurs, des donneurs d'ouvrage publics et privés, des cabinets de services professionnels, de même que des sociétés de cautionnement à toutes les étapes d'un projet de construction. Il conseille ses clients dans le cadre de processus d’appel d’offres public et d’approvisionnement, et il participe à la négociation et la rédaction de documents contractuels sous divers modes de réalisation de projets tels que les projets en partenariat public-privé et les contrats de conception, de construction, de financement et d’entretien. Il conseille les divers acteurs de l’industrie de la construction dans le cadre de la gestion de la construction et des réclamations qui peuvent en découler, et dans le cadre de processus de résolution de différends. Édith Jacques est associée au sein du groupe de droit des affaires à Montréal. Elle se spécialise dans le domaine des fusions et acquisitions, du droit commercial et du droit international. Elle agit à titre de conseiller d'affaires et stratégique auprès de sociétés privées de moyenne et de grande envergure. Marc-André Landry œuvre au sein de l'équipe Litige et règlement des différends et axe sa pratique en litige commercial. Il assiste fréquemment ses clients afin de résoudre leurs différends, que ce soit par le biais de la négociation, la médiation, l'arbitrage ou devant les diverses instances judiciaires. Au fil des ans, il a représenté des entreprises évoluant dans diverses sphères d'activités, incluant les domaines de la construction et de l'immobilier, le secteur de l'énergie renouvelable et celui des énergies, des nouvelles technologies, des services financiers ou encore de l'industrie pharmaceutique. André Vautour pratique dans les domaines du droit des sociétés et du droit commercial et s'intéresse plus particulièrement à la gouvernance d'entreprise, aux alliances stratégiques, aux coentreprises, aux fonds d'investissement et aux fusions et acquisitions de sociétés fermées. Il œuvre également dans le domaine du droit de la technologie (rédaction de conventions de développement et de transfert de technologies, de conventions de licences, de conventions de distribution, de conventions d'impartition et de conventions relatives au commerce électronique). À propos de Lavery Lavery est la firme juridique indépendante de référence au Québec. Elle compte plus de 200 professionnels établis à Montréal, Québec, Sherbrooke et Trois-Rivières, qui œuvrent chaque jour pour offrir toute la gamme des services juridiques aux organisations qui font des affaires au Québec. Reconnus par les plus prestigieux répertoires juridiques, les professionnels de Lavery sont au cœur de ce qui bouge dans le milieu des affaires et s'impliquent activement dans leurs communautés. L'expertise du cabinet est fréquemment sollicitée par de nombreux partenaires nationaux et mondiaux pour les accompagner dans des dossiers de juridiction québécoise.

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